Le gouvernement invite les chefs religieux à tolérer le préservatif
Burundi: Plus de 20% de la population urbaine burundaise est séropositive
Bujumbura, 27 septembre 2002 (APIC) Le gouvernement burundais invite les chefs religieux du pays à tolérer l’utilisation du préservatif, face à la pandémie du sida qui se développe dangereusement.
Malgré les appels des Eglises catholique et protestante, mais aussi des responsables de la communauté musulmane du Burundi, invitant à la chasteté, la pandémie du sida se propage très rapidement au Burundi, au point que plus de 20% de la population urbaine est séropositive. D’où la démarche gouvernementale, mardi 24 septembre, auprès des chefs religieux.
Le sida continue à se propager au Burundi en dépit de la position adoptée par les chefs religieux, qui ont recommandé l’abstinence sexuelle aux non mariés et la fidélité dans le mariage aux couples, a déploré le secrétaire particulier du président du Bureau pour la lutte contre le sida, Ndayikengurukiye.
«Nous leur demandons maintenant de ne pas s’opposer à nos recommandations en faveur de l’utilisation des condoms», a-t-il déclaré à l’agence onusienne d’information IRIN. Les statistiques officielles indiquent qu’environ 8% de Burundais, dont 20,5% de la population urbaine et 7,5% dans le secteur rural, sont séropositifs.
Un atelier récemment organisé conjointement par le Conseil national pour la lutte contre le sida et le Programme national contre le sida, qui a rassemblé les chefs catholiques, protestants et musulmans, a conclu plusieurs accords.
Ils ont entre autres convenu que les organismes religieux devraient se réunir pour discuter et offrir un message commun aux burundais: Ils ont en outre décidé qu’un programme d’éducation sexuelle devrait être développé. Selon eux, tous les moyens de prévention contre le sida, y compris l’usage des préservatifs doivent être favorisés. Un cadre permanent pour la consultation devrait régir les organismes religieux et la société civile.
Le ministère du gouvernement ayant la lutte contre le sida sous sa tutelle entend organiser d’autres rencontres pour promouvoir la prévention contre le sida, a déclaré Ndayikengurukiye à l’IRIN.
Il a néanmoins reconnu que le chemin sera long avant de faire admettre par les chefs religieux l’utilisation du préservatif: «Certains sont prêts à discuter, d’autres ne semblent pas près à bouger d’un pouce» a-t-il ajouté, avant de reconnaître l’importance qu’apporteraient les chefs religieux dans cette campagne. (mmm)
Encadré
Le Burundi, comme ses pays voisins des Grands Lacs africains, est très touché par la pandémie du sida. La séroprévalence, estimée à moins de 1% en 1983 année de la déclaration du premier cas du sida, a atteint 21% en milieu urbain et 6% en milieu rural alors qu’elle était respectivement de 11% et 0,7% en 1989.
70% des lits d’hôpitaux dans les services de médecine interne de Bujumbura (la capitale) sont occupés par des personnes atteintes du sida.
En 2002, le nombre d’orphelins de parents morts du sida était estimé à 90’000. L’espérance de vie pourra passer si la tendance évolutive du sida se maintient à 39 ans en 2010 contre 62 ans actuellement. Les projections estiment que le coût de la maladie sera dans la fourchette de 2,5% à 3% du PIB en l’an 2005. Si tous les malades du sida étaient pris en charge, le coût des soins dépasserait le budget du ministère de la Santé publique, mis à part les traitements antirétroviraux. (apic/irin/mmm)




