France: 13’000 personnes signent un appel interreligieux pour la paix au Proche-Orient
Au titre provocateur de «Cessez le feu, nom de Dieu!»
Paris, 27 septembre 2002 (APIC) Accompagné de textes de quatorze personnalités françaises et internationales, un appel interreligieux en faveur de la paix au Proche-Orient, signé par 13’000 personnes, a été rendu public cette semaine en France, par l’hebdomadaire «Témoignage Chrétien», qui est à l’initiative de cette opération. L’appel, au titre provocateur de «Cessez le feu, nom de Dieu!, est signé par des catholiques, des protestants, des juifs et des musulmans, notamment.
Issues du monde politique ou religieux, les personnalités ont apporté leur contribution à l’opération de Témoignage chrétien en écrivant un message aux signataires de l’appel. Parmi celles-ci: Romano Prodi, président de la Commission européenne, Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre français, Elie Barnavi, ambassadeur d’Israël en France, Leïla Shahid, déléguée générale de la Palestine en France, Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques catholiques français, Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante, Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, et Tarek Mitri, coordinateur des relations interreligieuses au Conseil oecuménique des Eglises (COE).
«Au nom du Dieu de Moïse, de Jésus et de Mohammed, nous exhortons les responsables de cette guerre (au Proche-Orient) à cesser immédiatement le combat et à redonner toute sa primauté au dialogue, à la négociation», peut- on lire dans cet appel. «Dans l’esprit de la dernière rencontre (interreligieuse) d’Assise, en janvier dernier, nous attendons des responsables religieux qu’ils mettent en pratique leurs engagements pour la paix», y lit-on encore.
Lancé, en avril dernier, l’appel pour la paix, au titre volontairement provocateur Cessez le feu, nom de Dieu! a rassemblé plus de 13’000 signatures de personnalités et d’autres citoyens – en majorité des chrétiens (catholiques et protestants) mais aussi des juifs et des musulmans.
«A ce moment-là, la situation était dramatique en Palestine. Nous nous sommes demandé ce que nous pouvions faire. Lancer cet appel était un peu une bouteille à la mer», explique Noël Bouttier, rédacteur en chef de Témoignage chrétien, à l’Agence oecuménique ENI.
Loin d’être une évidence
Relayé par plusieurs quotidiens, l’appel interreligieux a connu un succès qui a surpris ses instigateurs eux-mêmes. «Il n’était pas évident au départ de faire signer un texte commun à des personnes qui n’ont pas la même approche politique du conflit au Proche-Orient», poursuit Noël Bouttier.
«Un an après la tragédie du 11 septembre, il revient aux Etats du monde et aux citoyens des sociétés civiles de refuser la guerre comme l’instrument de prévention et d’intervention légitime dans le monde», écrit dans son texte adressé aux signataires, Leïla Shahid, déléguée générale de la Palestine en France.
«La terre de Palestine s’impose comme un lieu où l’exigence de la foi doit corriger les motivations de solidarité confessionnelle», souligne, de son coté, Tarek Mitri, coordinateur des relations interreligieuses au COE. «Il existe aujourd’hui, plus que jamais, un lien direct entre la justice, la paix et la fin de l’occupation illégale de la Palestine. Les Eglises de la Terre Sainte ne cessent de le dire et, avec elles, le Conseil oecuménique des Eglises».
«J’espère que nous saurons prouver que la politique n’est pas seulement la lutte des uns contre les autres ou la gestion des conflits», affirme, pour sa part, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, mettant au compte de la laïcité le succès de l’initiative de Témoignage chrétien.
«Le combat de ces Français, hommes et femmes de bonne volonté, est le notre, Israéliens et Palestiniens qui avons soif de paix et nous montrons impuissants à y parvenir», écrit également Elie Barnavi, ambassadeur d’Israël en France.
Principalement diffusé dans les milieux catholiques de gauche, Témoignage chrétien, au tirage de 15’000 exemplaires, organisera également, en février prochain, un voyage interreligieux en Israël et en Palestine. (apic/eni/pr)




