Ils sont six fois plus nombreux en 2002 qu’en 1997

France: De plus en plus de prêtres étrangers oeuvrent sur sol français

Paris, 7 octobre 2002 (APIC) Beaucoup de prêtres français sont en mission à l’étranger, mais nombre de religieuses et de prêtres étrangers vivent actuellement à plein temps une mission en France. Entre 1997 et 2002, le chiffre attestant de la présence de ces missionnaires de l’étrangers sur sol français s’est multiplié par six. Et même davantage.

Dans le cadre de la 76e Semaine missionnaire mondiale, du 13 au 20 octobre, SNOP, la «Lettre d’information» de la Conférence des évêques de France, consacre un article du Père Jean-Marie Aubert, secrétaire national adjoint du Comité épiscopal de la coopération missionnaire en France, écrit à partir d’une étude consacrée à ces missionnaires étrangers.

Les résultats de cette enquête sont surprenants. En 1995, la France comptait 135 prêtres diocésains et religieux venus de pays étrangers, dont 48 non Européens. En 2002, ce chiffre est plus de six fois supérieur à celui de 1995. La France compte aujourd’hui 521 prêtres diocésains et 348 prêtres religieux étrangers pour une mission à plein temps en France, soit 869 au total.

Ces chiffres sont donnés par les Conférences des supérieurs majeurs, la pastorale des migrants et la Coopération missionnaire en France, qui ont mené dès 1995 une enquête. Celle-ci avait pour but de se pencher sur un phénomène relativement récent, qui voit grandir de plus en plus le nombre de prêtres et de religieux étrangers qui exercent leur mission en France.

L’étude n’a pas tenu compte des prêtres étudiants. Ils sont nombreux et pris en charge par les diocèses d’accueil ou les communautés religieuses.

Même si les données statistiques sont à prendre avec précaution, l’augmentation du nombre des prêtres diocésains et religieux venus en France pour une tâche pastorale est particulièrement forte, constate le Père Aubert.

42% de non Européens

Dans les chiffres 2002, les non Européens représentent 43% des effectifs (24% pour l’Afrique et Madagascar, 19% pour l’Asie, l’Amérique et l’Océanie. Parmi les prêtres européens, 58% viennent d’Europe de l’Ouest, de l’Espagne et de l’Italie, notamment, et 42% d’Europe de l’Est, de Pologne majoritairement.

S’agissant des tâches assurées par ces prêtres et religieux, 15% sont animateurs des communautés étrangères, 15% sont principalement attachés au service de leur congrégation, 33% ont des responsabilités en paroisses, comme curés, vicaires ou coopérateurs. Les autres sont aumôniers de collège ou d’hôpitaux, chapelains.

Pour les religieuses, la Conférence des supérieures majeures (CSM) donne également des chiffres pour 2002: 336 congrégations d’origine française, pour un total de 41’132 religieuses actuellement en France, dont 3’443 religieuses étrangères (8%), affectées à des activités pastorales, de congrégations ou en études.

Le Père Aubert note enfin la présence de 32 congrégations d’origine étrangère venant de 11 pays, pour lesquelles aucun chiffre n’est donné. Elles ne figurent en effet pas sous l’autorité de la CMS. La moitié de ces congrégations sont originaires d’Espagne et d’Italie. Les autres viennent de Pologne, du Liban, de l’Inde, d’Ukraine ou du encore Nigeria.

Motivations multiples

Les prêtres et les religieux d’autres Eglises rejoignent la France pour un service pastoral ou de congrégation, soit à l’appel de leur congrégation. s’ils sont religieux, soit au titre des échanges entre Eglises, s’ils sont prêtres diocésains. Ces derniers se réclament souvent du statut de «fidei donum» (contrat passé entre l’évêque d’envoi), l’évêque d’accueil et le prêtre, pour un temps limité et un service pastoral déterminé).

D’autres arrivent à la demande de leur congrégation ou de leur Conférence épiscopale d’origine pour s’occuper des communautés étrangères en Rance. C’est notamment le cas de beaucoup de prêtres espagnols, italiens et polonais.

Certains encore sont arrivés pour des études, puis sont restés. Quelques-uns ont même demandé l’incardination dans un diocèse en accord avec leur évêque. Les prêtres étrangers incardinés ne sont d’ailleurs pas comptabilisés dans l’enquête de 2002.

D’autres prêtres enfin, qui ne figurent pas non plus dans l’étude, viennent pour une année sabbatique ou pour des remplacements d’été. Pour les religieux et religieuses, nombre de congrégations françaises missionnaires ou à extension missionnaire ont vu le nombre de leurs membres non européens croître, alors que le recrutement en Europe se raréfie. De la même façon, le nombre des congrégations religieuses étrangères installées en France tend à grandir. (apic/snop/pr)

7 octobre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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