Pédophilie: Le cardinal latino-américain Obando Bravo défend l’Eglise américaine
Une Eglise «qui traverse de manière héroïque» une «persécution»
Rome, 7 octobre 2002 (APIC) Le cardinal latino-américain Miguel Obando Bravo, archevêque de Managua au Nicaragua, défend l’Eglise des Etats-Unis «qui traverse de manière héroïque» une période de «persécutions», dans un entretien au mensuel italien «30 Giorni» publié ces jours-ci.
Faisant allusion aux scandales de pédophilies qui secouent l’Eglise depuis plusieurs mois, le prélat, qui essuie de grosses critiques dans son pays pour son appui à l’ancien président ultralibéral Alemán, accusé de fraude, de corruption et de vols, soutient en particulier le cardinal Bernard Francis Law, archevêque de Boston.
«L’Eglise américaine traverse de manière héroïque une période de martyre et de persécutions», affirme le cardinal Miguel Obando Bravo. Ne niant pas «le drame des victimes authentiques d’abus sexuels» et demandant pour les auteurs de tels actes «l’application des censures canoniques adéquates», le prélat tient toutefois à rappeler que «certaines» des accusations relayées par les médias ne sont «que des calomnies». «On ne peut pas cacher que dans certains cas, il s’agit de victimes présumées qui veulent gagner d’importants dédommagements financiers avec des accusations calomnieuses», soutient-il.
«L’Eglise nage à contre-courant en matière de protection de la vie, de morale sexuelle, de morale conjugale et de bioéthique», explique-t-il alors, précisant que ce sont des domaines «dans lesquels l’Eglise est souvent mal considérée». «Mais cela ne veut pas dire qu’elle se trompe. Cela signifie au contraire que son message rencontre l’hostilité de personnes ayant d’importants intérêts économiques et qui voient en elle un ennemi mortel».
Par ailleurs, le cardinal Obando Bravo souligne qu’»une multitude d’hommes et de femmes vivent joyeusement leur célibat et leur chasteté pour le royaume de Dieu». «La preuve que la plus grande partie des prêtres et des religieux vivent fidèlement leur vocation, est justement l’impression de scandale éprouvée par le péché de quelques-uns d’entre eux».
Il suffit de laver
Interrogé en outre sur le fondement des accusations portées contre le cardinal Bernard Francis Law qui n’aurait pas su gérer des cas de prêtres pédophiles, l’archevêque de Managua défend le prélat. «Qui attaque aujourd’hui le cardinal Law ne reconnaît pas la valeur de son engagement, le poids de son ministère et la cohérence de sa vie», affirme-t-il. «Mais je crois que les catholiques de Boston savent qu’une pépite d’or noyée dans la boue, une fois lavée, continue de resplendir», conclut le cardinal.
Cet entretien est publié en Italie alors que l’Eglise catholique des Etats- Unis attend toujours la réponse du Saint-Siège au sujet de la charte rédigée par les évêques des Etats-Unis à Dallas, en juin dernier. Au Vatican, on assure que la publication pourrait avoir lieu ces prochains jours.
Le soutien à Alemán
Le cardinal Obando, qui a joué un rôle non négligeable au Nicaragua en appuyant ouvertement la Contra, milice d’extrême droite en lutte contre le régime sandiniste, passait pour être l’un des relais de la CIA au Nicaragua. Son appui à l’ancien chef d’Etat Arnoldo Alemán a été vivement critiqué au Nicaragua et en Amérique centrale. Ce politicien ultralibéral jouissait en effet du soutien d’importants secteurs de la hiérarchie catholique du Nicaragua, y compris et surtout du cardinal Obando y Bravo. L’ancien chef d’Etat et président du Congrès nicaraguayen Alemán a du reste été destitué récemment par l’Assemblée législative de Managua pour fraude, corruption et appropriation du bien public. (apic/imedia/a/pr)




