Etats-Unis: Prêtre et aumônier des pilotes de course automobile

En «piste» chaque week-end, sur tous les circuits du pays

Washington, 8 octobre 2002 (APIC) Depuis 15 ans, le père De Rea suit le monde qui gravite dans le monde de la course automobile aux Etats-Unis. Son ministère n’est pas banal. Il est l’aumônier des pilotes, mécanos et autres familiers de cet univers. Chaque week-end, course après course, du nord au sud et de l’est à l’ouest du pays, ce prêtre, ami du pilote Mario Andretti, parcourt des milliers de kilomètres aux côtés des ses ouilles. Pour être là dans les bons et les mauvais moments que laissent la route.

Le père Phil De Rea passe la plupart de ses week-ends à suivre des courses automobiles aux Etats-Unis, à parler avec les pilotes, à célébrer des messes et à réconforter les familles lorsque surviennent des problèmes. En d’autres termes, cet homme d’Eglise, qui assiste course après course les fous du volant, exerce l’un des ministères oecuméniques les plus inhabituels.

Depuis plus de 15 ans, le père De Rea est en effet l’aumônier catholique romain du championnat de la série CART (Championship Auto Racing Team), aux Etats-Unis, qui fait concurrence au championnat mondial de Formule 1.

Ami d’enfance du grand pilote Mario Andretti, le père De Rea, qui est aussi le co-fondateur des ministères de la série CART, dont le siège est à Washington, tente semaine après semaine de mettre l’accent sur les valeurs chrétiennes dans cet univers de mercantilisme et de compétition acharnée.

Comme un dispositif de sécurité

D’origine italienne, Mario Andretti, vainqueur du championnat de la série CART et champion du monde de Formule 1 en 1978, est convaincu de l’utilité du «travail» du prêtre. D’un point de vue spirituel, assure-t-il dans un entretien à l’Agence oecuménique ENI, «le voir au bord de la piste est comme avoir un dispositif de sécurité. Pour beaucoup d’entre nous, nous réunir pour la messe est très précieux. Ceci peut sembler abstrait, mais c’est très réel. La célébration de la messe aide à garder l’esprit clair et serein. C’est très important pour un grand nombre. S’il (le père Rea) n’était pas là, il nous manquerait certainement».

Pour le père Rea, ce qui est important, «c’est la relation personnelle que l’on développe avec les autres, que ce soit un pilote, un mécanicien ou un parent de ceux-ci».

Résidant à Washington, le père De Rea suit la série CART et voyage à travers le pays tous les week-ends ou presque, du New Jersey à la Californie, de la côte Est à celle d’Ouest, arrivant en général le mercredi sur les circuits et repartant le dimanche.

«Cela vaut vraiment la peine de penser que sur un lieu de travail, les gens peuvent trouver la religion», commente le prêtre, content de ses relations avec ses ouilles adeptes de la vitesse.

Une amitié solide

Le père De Rea a grandi à Roseto, dans l’Etat de Pennsylvanie, près de Nazareth, devenue la ville d’accueil de la famille Andretti lorsque Mario est arrivé d’Italie en 1955. Leur route, pas celle des circuits encore, allait se croiser. Le prêtre entrait au séminaire au moment où Andretti devenait pilote. Le père De Rea dit avoir été naturellement intéressé par les courses à cause des Andretti. Il a été ordonné en 1968, juste une année avant que Mario ne devienne célèbre en remportant les 500 miles d’Indianapolis, l’une des plus célèbres courses dans le monde.

«L’amitié solide qui nous unit est très précieuse pour moi», confie Mario Andretti. Aux personnes qui gravitent dans les stands, sur ou autour du circuit, il apporte un tel réconfort par sa présence et par son écoute. Il est là dans tous les moments, qu’ils soient heureux ou difficiles». (apic/eni/pr)

8 octobre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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