Risque d’éclatement de l’Eglise d’Angleterre

Grande-Bretagne: La majorité des prêtres anglicans contre l’ordination d’homosexuels actifs

Londres, 8 octobre 2002 (APIC) Plus de la moitié des prêtres anglicans de l’Eglise d’Angleterre sont opposés à l’ordination sacerdotale d’homosexuels actifs, selon une enquête menée par le quotidien britannique «The Telegraph». Une telle action risquerait de provoquer l’éclatement de l’Eglise d’Angleterre.

D’après un sondage national auprès de 500 membres du clergé anglican, 54% des prêtres ne soutiendraient pas l’ordination d’un homosexuel qui vit une relation active, contre 36% seulement qui y seraient favorables. Selon le journal londonien, le résultat du sondage représente un revers pour Rowan Williams, le tout prochain archevêque de Canterbury, qui estime que la position de son Eglise sur l’homosexualité est hypocrite. Il a admis avoir ordonné en connaissance de cause un homosexuel actif.

La semaine dernière, l’archevêque Williams a précisé sa position dans une lettre à «Reform», le groupe de tendance évangélique qui l’avait sommé de prêcher l’enseignement traditionnel disposant que les membres du clergé doivent s’abstenir d’avoir des relations sexuelles hors des liens du mariage. Il a souligné qu’il ne voulait pas «faire un précédent» en exigeant davantage que le respect des canons de l’Eglise d’Angleterre. Le sondage montre que si le nouveau primat de la communion anglicane avait l’intention de promouvoir une vue plus libérale dans ce domaine, il se heurterait à une forte résistance, qui risquerait de faire éclater son Eglise.

Le nouvel archevêque de Canterbury Rowan Williams devrait guérir les divisions

Un quart des prêtres sondés affirment avoir sérieusement réfléchi à sortir de l’Eglise d’Angleterre, en évoquant parmi les raisons principales l’ordination d’homosexuels. Plus de 70% des sondés, dont certains étaient opposés à l’époque à l’ordination des femmes, ont dit être désormais favorables à la consécration de femmes comme évêques. Ils ne pensent pas que l’implication des femmes dans le ministère ordonné soit opposée aux Ecritures saintes comme le pourrait l’être l’ordination d’homosexuels actifs.

Même si toutes les personnes sondées ne sont pas aussi libérales que l’archevêque Rowan Williams dans la question de l’homosexualité, plus des deux tiers des clercs interrogés espèrent que son entrée en fonction comme archevêque de Canterbury sera positive pour l’Eglise dans son ensemble et sont confiants qu’il guérira les divisions plus qu’il ne les envenimera.

Comportement peu digne du Prince Charles

En contraste flagrant avec les positions officielles de plusieurs hauts responsables de l’Eglise anglicane, 57% des prêtres interrogés se sont déclarés en faveur d’une guerre contre l’Irak si elle était étayée par une authentique résolution de l’ONU. Seuls 47% soutiennent l’idée que le prochain monarque britannique reçoive le titre de Gouverneur Suprême de l’Eglise d’Angleterre. La plupart de ceux qui veulent en finir avec cet héritage historique vieux de 468 ans estiment que ce titre est un anachronisme dans une société multiculturelle.

Le comportement jugé peu digne du Prince de Galles est pour beaucoup la principale raison de leur opposition au maintien de cette longue tradition. Sa relation depuis longtemps publique avec Camilla Parker Bowles et son refus apparent de l’épouser ont suscité le mécontentement de nombreux clercs, révèle encore le sondage du «Telegraph». De nombreux évêques, par contre, souhaiteraient maintenir les liens historiques avec l’Etat et la monarchie. (apic/bbc/telegraph/be)

8 octobre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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