Statu quo sur la participation de l’Action de Carême

Suisse: Assemblée plénière de la RKZ

Thurgovie, 17 octobre 2002 (APIC) L’assemblée d’automne de la Conférence centrale (RKZ) s’est tenue les 27 et 28 septembre dans le canon de Thurgovie. La baisse de la collecte de l’Action de Carême ainsi que le maintien de sa participation aux prestations à verser aux diocèses et aux institutions pastorales de l’Eglise en Suisse ont été au centre des débats, indique un communiqué de la RKZ, publié le 16 octobre.

Les négociations de l’Action de Carême avec la Conférence des évêques (CES) au sujet des prestations de l’oeuvre d’entraide à verser aux diocèses, ainsi que sur les subventions destinées aux institutions et projets pastoraux de l’Eglise en Suisse doivent être menées avec un soin particulier, commente la RKZ, compte tenu, précise-t-elle, «de la situation financière actuelle tendue». L’Action de Carême s’est engagée à maintenir le financement du secteur Suisse dans les mêmes proportions que jusqu’ici. La Conférence centrale sera associée aux futurs pourparlers entre l’oeuvre d’entraide et la CES

Baisse de la collecte

En ce qui concerne le produit de la collecte de l’Action de Carême, son directeur Antonio Hautle, a exprimé l’espoir que la diminution observée cette année relève de l’exception et ne soit pas le signe d’une tendance durable. Ce recul a moins d’incidences sur le montant affecté aux projets pastoraux et de coopération au développement à l’étranger qu’il n’en a sur celui destiné au secteur Suisse de l’Action de Carême, lequel a diminué de 3,2 à 2,7 millions de francs, indique le directeur de l’organisation.

Deux raisons expliquent cette disproportion: le montant réservé au secteur Suisse est prélevé dans les dons sans affectation spéciale, qui ont diminué plus fortement que les versements au profit de projets spécifiques; l’activité de l’Action de Carême en faveur des régions du Sud est parallèlement financée par des subsides versés par la Confédération, les cantons et les communes, ce qui n’est pas le cas du secteur suisse, explique Antonio Hautle.

Etude sur les sorties d’Eglise

S’agissant des sorties d’Eglise, diverses questions se posent sous l’angle de la pastorale ainsi que sous ceux du droit canonique et du droit public ecclésiastique. Pour les organisations de droit public ecclésiastique, il est essentiel qu’un nombre maximum de personnes restent rattachées à l’Eglise, rappelle la RKZ.

Une étude scientifique sur le sujet devra servir de «norme d’interprétation» dans laquelle la hiérarchie de l’Eglise ainsi que les autorités des organisations de droit public ecclésiastique et de l’Etat pourront puiser les informations nécessaires pour prendre les décisions qui s’imposent, explique le RKZ. Le professeur René Pahud de Mortanges, directeur de l’Institut de droit canonique et de droit public ecclésiastique de l’Université de Fribourg, sera chargé de ce travail, indique la RKZ.

Aumônerie des personnes de langue étrangère

En outre, l’assemblée plénière de la RKZ s’est penchée sur la question de l’aumônerie des personnes de langue étrangère vivant en Suisse et qui constituent une partie importante de la population de confession catholique. Au vu de l’enjeu sociale que revêt cette tâche pastorale au- delà de sa dimension religieuse pour l’intégration sociale des immigrés, il a également été envisagé d’en faire un sujet de travail de recherche, indique le communiqué. La discussion a également porté sur le financement de cette aumônerie qui, surtout pour les groupements linguistiques peu nombreux, doit être organisée à l’échelon supracantonal ou national.

Le principe de la parité en tant que garant de la paix confessionnelle

En conclusion de son assemblée, la RKZ a rappelé le principe de la parité religieuse: «Afin d’assurer la cohabitation paisible des membres des confessions catholique romaine et réformée sur leur territoire, les cantons à population mixte s’étaient doté aux XVIIe et XVIIIe siècles de règles prévoyant l’utilisation commune des mêmes bâtiments de culte dans les petite agglomérations».

Ce régime a favorisé de nos jours «le développement d’une collaboration oecuménique solide», aux yeux du président du conseil exécutif de l’Eglise évangélique thurgovienne, Walter Vogel, invité à l’assemblée. «En ces temps de pluralisme religieux croissant, le rappel de cette ancienne tradition peut servir de base de référence pour résoudre les problèmes actuels de cohabitation entre des personnes et communautés nourrissant des conceptions religieuses différentes», estime enfin la RKZ. C’est grâce à des accommodements exigés par l’Etat et dotés de force obligatoire que l’on peut assurer la plus grande liberté religieuse possible et contribuer à la paix confessionnelle, conclut le communiqué de la RKZ. (apic/com/sh)

17 octobre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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