2.1.1.2 Brésil: Mgr Masserdotti, malgré sa victoire, «Lula aura les mains liées»

2.1.1.2.1 Immenses espoirs auprès des communautés chrétiennes de base

Balsas, 27 octobre 2002 (APIC) Le leader du Parti des Travailleurs (PT), Luis Inácio «Lula» da Silva, en passe de remporter ce dimanche le second tour des élections présidentielles brésiliennes, soulève d’immenses espoirs auprès des communautés chrétiennes de base. «Mais il aura les mains liées car devra affronter les pressions du Fonds Monétaire International et des Etats Unis, toujours plus décidés à mettre en place la ZLEA, la Zone de Libre Echange des Amériques», rappelle Mgr Gianfranco Masserdotti, évêque de Balsas.

Mgr Masserdotti préside le Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI) qui défend les intérêts des populations indigènes, souligne que ce ne sera pas une victoire du Parti des Travailleurs (PT) mais celle d’une coalition qui aura bien des difficultés à résoudre pour pouvoir gouverner.

Dans un pays où les pauvres, selon le dernier rapport de l’Institut Brésilien de Statistiques Economiques, sont aujourd’hui 54 millions, l’ancien ouvrier syndicaliste n’aura pas la tâche facile. Face à ce nouveau gouvernement, commente Mgr Masserdotti, la communauté chrétienne doit représenter une «présence critique, stimulante et prophétique».

La faim ne peut attendre: le Brésil compte 54 millions de pauvres

L’évêque de Balsas indique quels sont, à son avis, les principaux défis qui attendent le nouvel exécutif. «La lutte contre le pauvreté doit être une priorité, dit-il, et à ce propos, l’Eglise a lancé une campagne contre la misère, avec des initiatives dans le secteur de l’assistance, car la faim ne peut attendre. Mais les inégalités créées par cette urgence restent un problème avant tout politique et c’est la raison pour laquelle nous demandons à ceux qui gouverneront une plus grande prise de conscience de ce problème dramatique».

Le président du CIMI demande en outre un plus grand respect pour les personnes, un juste salaire et la création de nouveaux postes de travail. Mgr Masserdotti souhaite que la politique économique ne vise pas seulement à renforcer les exportations mais qu’elle ait plutôt pour objectif de soutenir la production locale, les petites entreprises, l’agriculture à gestion familiale. Les secteurs de l’éducation et de la santé doivent à ses yeux revêtir une priorité. (apic/misna/be)

27 octobre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
Partagez!