Levée de boucliers des Eglises chrétiennes

Japon: Projet de lois pour restreindre la liberté religieuse en cas de conflit

Tokyo, 22 novembre 2002 (APIC) La décision du gouvernement japonais de restreindre la liberté religieuse en cas de guerre et de se donner le droit d’utiliser les biens des institutions religieuses, a provoqué la grogne des chrétiens dans ce pays.

Face aux protestations, y compris de l’opposition politique, le gouvernement semble aujourd’hui faire marche arrière.

En octobre dernier, le gouvernement japonais avait convoqué la Diète, le parlement du pays, pour une session extraordinaire afin de discuter de trois projets de loi concernant les droits et la protection des populations ainsi que le rôle des Forces d’Autodéfense en cas d’urgence, et plus spécifiquement en cas de guerre. Si ces projets de loi sont votés, le gouvernement aura la possibilité, en cas de guerre, de limiter les libertés individuelles et de faire usage des biens des institutions religieuses.

Face aux protestations soulevées tant au sein de l’opposition que dans la presse et parmi les communautés religieuses, le gouvernement fait aujourd’hui marche arrière et a annoncé que les projets de loi ne seront discutés qu’en décembre prochain, lors de la prochaine session ordinaire de la Diète.

La mise à l’ordre du jour de tels projets de loi s’inscrit dans le contexte créé par les incertitudes nées de l’évolution de la situation en Corée du Nord ainsi que la guerre que les Etats-Unis ont déclaré au terrorisme. La capacité de réaction militaire du Japon est devenue le sujet d’un débat public et l’envoi récent – une première – de navires de guerre des Forces navales d’autodéfense dans l’Océan Indien pour participer à la lutte anti- terroriste a relancé le débat sur la nécessité ou non d’une réforme de la Constitution, qui interdit le recours à la force militaire dans les affaires internationales du pays.

Parmi les protestations les plus vives à ces projets de loi, les Eglises chrétiennes ont clairement fait entendre leurs voix. Pour le Conseil national des Eglises, il s’agit de choisir «entre devoir composer avec les forces de guerre ou devoir les arrêter». Dès le mois de juillet dernier, date à laquelle le secrétaire général du gouvernement, Fukuda Yasuo, avait déclaré devant une commission de la Diète que le gouvernement envisageait de promulguer des textes limitant les libertés de pensée, de conscience et de religion, le Conseil s’était engagé à «ne pas cesser de travailler» jusqu’à ce que cette législation controversée soit «complètement abandonnée».

Le cardinal Peter Seiichi Shirayanagi, en sa qualité de président de l’Association des Eglises chrétiennes du Japon, avait de son côté vivement protesté auprès du Premier ministre, Koizumi Junichiro. (apic/eda/pr)

22 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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