Les anglicans doivent maintenant se prononcer avant Noël
Canada: Accord gouvernement/Eglise anglicane sur les indemnités aux victimes d’abus
Ottawa, 25 novembre 2002 (APIC) L’Eglise anglicane du Canada a confirmé l’accord conclu avec le gouvernement canadien concernant le règlement des indemnités à 5’000 victimes d’abus dans les anciens internats pour enfants autochtones. Les anglicans devront maintenant se prononcer sur cet accord avant Noël. Chaque plaignant est toutefois libre de poursuivre devant les tribunaux.
Des procès ont été intentés contre le gouvernement et quatre Eglises par 12’000 anciens élèves, qui ont porté plainte pour abus sexuels, émotionnels, physiques et culturels dans quelque 80 institutions fédérales pour enfants autochtones gérées par des Eglises de 1820 à 1969.
L’Eglise catholique a été citée dans 70% des cas, les anglicans dans 18, et les Eglises unies et presbytériennes pour le reste. Les dépenses entraînées par tous les procès devraient être de l’ordre d’un milliard de dollars canadiens (environ 633 millions d’euros).
Selon l’accord annoncé le 19 novembre, l’Eglise anglicane canadienne devrait verser 30% du paiement des indemnités pour les cas impliquant les institutions anglicanes, jusqu’à un maximum de 25 millions de dollars canadiens (16 millions d’euros); et le gouvernement devrait régler les 70% restants.
Libre aux plaignants de poursuivre l’action en justice
«Pendant quelques années, nous avons été occupés par ces procès. Nous pouvons maintenant reprendre notre occupation principale, qui est de servir Dieu et le monde de Dieu à travers les ministères de la guérison, de la réconciliation et de la compassion», a déclaré l’archevêque Michael Peers, primat de l’Eglise anglicane du Canada, lors d’une conférence de presse.
Les anglicans du Canada devront se prononcer par vote sur cet accord avant Noël pour que celui-ci puisse entrer en vigueur.
Sans un accord, l’Eglise anglicane aurait été amenée à verser un montant d’environ 60 millions de dollars canadiens pour les indemnités et les frais de procès, et risquait la faillite. Le diocèse anglican de Cariboo, en Colombie-Britannique, avait été dans l’obligation du cesser ses activités en janvier à cause des frais entraînés par le procès pour abus dans une institution gérée par le diocèse au nom du gouvernement.
Ralph Goodale, ministre des Travaux publics et responsable de la «Résolution des questions des pensionnats indiens», a déclaré aux journalistes que les indemnités allaient être versées aux victimes autochtones «pour les plaintes valables d’abus sexuels et physiques». «Par cet accord, nous nous engageons envers les victimes d’abus en essayant de mettre fin à leurs souffrances et à leur douleur personnelles».
Chaque plaignant est maintenant libre d’accepter la proposition ou de continuer devant les tribunaux.
Le gouvernement tarde à s’excuser
En novembre 1996, un rapport de six volumes et de 4’000 pages de la Commission royale sur les peuples autochtones, a été publié après une enquête de cinq ans sur le traitement des peuples autochtones au Canada, le tout ayant coûté 53 millions de dollars canadiens (environ 33 millions d’euros). Le rapport appelait les Eglises et le gouvernement à présenter des excuses officielles aux victimes d’abus.
Les Eglises anglicane et unie ont présenté des excuses, mais à ce jour, le gouvernement a gardé le silence.
L’Eglise anglicane du Canada compte environ 750’000 membres pratiquants dans 1’850 paroisses. Selon un recensement national, sur une population de 30 millions, plus de 2 millions d’habitants se disent anglicans. (apic/eni/pr)




