Rome: Discussion sur l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne

Le Vatican appelle l’UE à faire face à la «pression de l’islam»

Rome, 12 décembre 2002 (APIC) Le Vatican appelle les pays européens réunis à Copenhague du 12 au 13 décembre, à se souvenir des racines culturelles et spirituelles de l’Europe pour faire face à «la pression islamique».

Alors que le sommet de Copenhague débute le 12 décembre 2002 au Danemark, le cardinal Roberto Tucci, ancien directeur de Radio Vatican, est intervenu jeudi sur les ondes pour appeler les pays européens à se rassembler autour de leurs valeurs culturelles et spirituelles. Faisant allusion au désir de la Turquie d’entrer au sein de l’Union européenne, le cardinal italien a mis en garde le Vieux continent contre «la pression islamique».

«Le moment est arrivé où l’Europe doit se réveiller à la conscience de sa propre tradition», a affirmé le cardinal Roberto Tucci, soulignant que le processus d’intégration européenne «arrive à un point qui pourrait changer la géométrie politique du Vieux continent».

La question de l’intégration de la Turquie est particulièrement à l’ordre du jour du sommet danois, alors que le gouvernement d’Ankara insiste pour que les négociations en vue de son entrée dans l’Union européenne débutent dès 2003. «Nous devons considérer quelles sont les valeurs qui doivent vraiment être défendues à tout prix pour que l’Europe ne soit pas uniquement économique ou militaire», a déclaré le cardinal Tucci. «La candidature de la Turquie doit nous faire prendre conscience d’un dialogue sur la liberté religieuse».

Interrogé sur le soutien des communautés chrétiennes turques à l’adhésion de la Turquie, le prélat a souligné que la situation de ces chrétiens est telle que leur attitude est dictée par la peur. «Ces communautés minoritaires ont peur des réactions, a-t-il expliqué. Elles craignent que leur situation soit pire qu’avant. Donc, eux-mêmes demandent que soit pris en compte ce droit fondamental qu’est la liberté religieuse».

Quelles valeurs.

Reconnaissant et déplorant le risque d’identifier l’Islam aux fondamentalisme, le cardinal Roberto Tucci a conclu son intervention en se disant «préoccupé» par la «recherche de reconquête» des fondamentalistes, même minoritaires. «Nous sommes faibles en Europe, a-t-il déclaré, car nous n’avons plus une vision suffisamment claire au sujet des valeurs culturelles, religieuses et spirituelles qui nous unissent. Sans un partage de ces valeurs, il sera difficile à l’Europe de résister à la pression islamique».

Après la prière de l’Angélus, le 8 décembre dernier, le pape avait invité les fidèles «à accompagner par la prière les responsables politiques qui se retrouveront à Copenhague, au Danemark, les 12 et 13 décembre, pour conclure d’importantes négociations relatives à l’adhésion de nouveaux pays dans l’Union Européenne. Ce continent, avait-il déclaré, pourra s’enrichir de l’apport des traditions culturelles et religieuses des nations qui, au cours des siècles, nous ont laissé un précieux patrimoine commun de civilisation». (apic/imedia/pr)

12 décembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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