Le droit et le devoir des chrétiens à se rendre en Terre Sainte
Bethléem: Les Franciscains invitent tous les chrétiens du monde à célébrer Noël à Bethléem
Bethléem, 17 décembre 2002 (APIC) Les religieux de Terre Sainte invitent les chrétiens du monde entier à célébrer Noël 2002 à Bethléem, malgré le bouclage de la ville palestinienne et le couvre-feu imposé à la population par l’armée israélienne. Le Père Giovanni Battistelli, custode franciscain de Terre Sainte, pense que le but ultime de ceux qui utilisent la violence est de faire disparaître la présence chrétienne en Terre Sainte.
«Tous les chrétiens du monde ont le droit et le devoir de célébrer Noël à Bethléem», lancent les Franciscains dans leur message. Qui soulignent que venir à Bethléem en ce moment est un grand geste de solidarité «qui apporte aide et réconfort à tous nos frères chrétiens durement éprouvés.»
Le Père Battistelli, custode (gardien) de Terre Sainte, rappelle que les sanctuaires chrétiens ne sont pas des pierres mortes, mais des lieux saints de prière et de grâce. «Le droit des chrétiens de venir en Terre Sainte est un fait d’une importance fondamentale pour tous les fidèles du monde, que ce soit pour ceux qui viennent en pèlerinage mais surtout pour ceux qui y vivent». Déplorant l’escalade progressive de la haine et de la mort entre Israéliens et Palestiniens, entre terrorisme et représailles militaires, il relève qu’elle met dans une situation très difficile les chrétiens qui vivent dans la terre où est né Jésus.
Le but ultime: faire disparaître la présence chrétienne en Terre Sainte
«Selon le déroulement des événements, je pense – lance le Père Battistelli, que le but ultime est de faire disparaître la présence chrétienne en Terre Sainte. S’il en était ainsi, les sanctuaires deviendraient simplement des lieux qui rappelleraient des événements dans un passé lointain. Mais nous voulons que ces lieux soient des sanctuaires vivants, et non pas seulement les témoins d’une mémoire lointaine !»
Pour le custode franciscain, le droit pour tous les chrétiens de venir en Terre Sainte est une manifestation de l’universalité de l’Eglise: «Les fidèles, en venant faire une expérience de pèlerinage dans les endroits où Jésus a vécu, disent et témoignent que ces lieux appartiennent à tous les croyants du monde. Le flot des pèlerinages réaffirme de lui-même une vérité: Jérusalem, la ville qui est le symbole des trois religions, juive, chrétienne et musulmane, doit être accessible à tous.»
Les chrétiens de Terre Sainte se sentent abandonnés
Face au bouclage des villes palestiniennes par l’armée israélienne, au couvre-feu, aux morts quotidiens et à la ruine économique, les chrétiens de Terre Sainte se sentent abandonnés de tous. «La présence des pèlerins en Terre Sainte est absolument nécessaire: actuellement, nous nous sentons oubliés par les pèlerins», déplore le Père Battistelli. Le nombre de personnes venues en pèlerinage a baissé de 79%, ce qui a entraîné «une difficulté énorme de subsistance pour les chrétiens du lieu, pour leur vie et pour leur avenir.» Le religieux franciscain demande aux chrétiens d’être courageux. «Dans le passé, le pèlerin se rendait en Terre Sainte seulement pour y recevoir un message édifiant pour sa vie spirituelle. Aujourd’hui, au fait de «recevoir’, il faut ajouter le fait de ’donner’ un témoignage, en offrant force, courage et solidarité à ceux qui vivent en Israël et en Palestine.» Pour lui, il faut absolument faire en sorte que les lieux saints ne deviennent pas des «musées» ou des «pierres mortes», mais soient des sanctuaires dans lesquels on se réunit pour prier, pour célébrer, pour rendre grâce. JB
Encadré
Les Franciscains, antiques gardiens des lieux saints
Les Franciscains, lors de leur Chapitre Général de 1217, fondent la Province de Terre Sainte, «perle» de toutes les Provinces de l’Ordre des frères Mineurs. La Province est visitée par saint François lui-même entre 1229 et 1230. Les Pères s’établissent à Jérusalem en 1229 près de la V° station du Chemin de croix. Avec la victoire des musulmans sur les Croisés et la conquête de Saint Jean d’Acre en 1291, les Franciscains se réfugient à Chypre, Siège de la Province d’Orient.
Malgré la domination musulmane, les Franciscains continuent à être présents en Palestine; en 1309, le Sultan Bibars II leur permet de demeurer au Cénacle, au Saint Sépulcre et à Bethléem. Dans la même période, les musulmans reconnaissent les Franciscains comme officiants habituels dans la Basilique du Saint Sépulcre.
Aujourd’hui, la Custodie de Terre Sainte est une Province autonome de l’Ordre des Frères Mineurs: une entité internationale gouvernée par le «Gardien du Mont Sion», élu par le gouvernement central de l’Ordre et approuvé par le Saint-Siège. La Custodie de Terre Sainte comprend actuellement les pays suivants: Israël et Autonomie palestinienne, Jordanie, Syrie, Egypte, Liban, Chypre et Rhodes.
Les Franciscains qui y travaillent sont au nombre de 300 environ, dont 2 évêques et 200 prêtres, originaires de 32 nations. Les sanctuaires qui sont confiés à leur garde sont le Saint Sépulcre, Bethléem et Nazareth, et 74 autres sanctuaires principaux et secondaires. Leur activité pastorale s’exerce dans 74 sanctuaires, 5 basiliques, 60 églises, 43 chapelles, et 29 paroisses. Les Franciscains gèrent aussi 16 écoles qui accueillent 10’000 élèves environ et près de 500 enseignants. Ils dirigent également 4 maisons d’accueil pour les pèlerins pour un total de 450 lits, 2 maisons d’accueil pour personnes âgées et 2 pour les enfants (apic/fides/misna/be)




