3.1.1.2 Genève: Requérants d’asile dans des abris de la protection civile

3.1.1.2.1 «Il n’y avait plus de place pour eux.»

Genève, 17 décembre (APIC) Actuellement, 114 requérants d’asile – des hommes entre 20 et 50 ans – sont hébergés dans des baraquements et 71 dans des abris de la protection civile à Genève. A la veille de Noël, l’Aumônerie genevoise oecuménique auprès des requérants d’asile (AGORA) cherche à attirer l’attention sur les conditions de logement d’un nombre croissant de demandeurs d’asile dans le canton de Genève.

Le dispositif de l’Hospice général étant saturé depuis le mois d’août, il a fallu se rabattre sur des solutions d’urgence. Ce n’est pas la première fois que l’on utilise de tels expédients, mais auparavant il s’agissait de mesures provisoires permettant de gérer un afflux de requérants venus se présenter au Centre d’enregistrement de la Confédération (CERA). Le CERA ayant déménagé à Vallorbe, on est maintenant en présence de requérants attribués au canton de Genève et destinés à y demeurer un certain temps.

Or, comme en a témoigné, mardi lors d’une conférence de presse de l’AGORA, un requérant africain logé depuis deux mois dans un abri souterrain, il est pénible de vivre durant une période prolongée à la lumière artificielle et sans espace privatif. «Nous sommes ainsi doublement traumatisés, par ce qui nous est arrivé dans notre pays et par ce que nous subissons ici», a relevé l’un de ses compagnons.

Or cette situation risque de perdurer pendant des mois et concerner de plus en plus de personnes, puisque le nombre des arrivées (environ 1’400 cette année à Genève) dépasse celui des départs. Les responsables de l’Hospice général la déplorent et sont conscients du fait que ce type d’habitat n’est nullement adéquat. L’Etat projette de construire des logements simples, modulables, pour 700 personnes, sur cinq sites différents. Cela permettrait de résoudre le problème d’ici l’été prochain, grâce en outre à l’acquisition de l’ancien CERA qui, une fois aménagé, pourra offrir 120 places.

Or, sur tous ces sites, des citoyens et des autorités communales s’opposent à la réalisation de ces projets, ce qui entraînera pour le moins des retards. Et prolongera d’autant le séjour des requérants dans des abris souterrains. C’est pourquoi l’AGORA lance un appel pour que ceux qui vont fêter, d’ici quelques jours, la naissance d’un enfant dont la famille n’a pas trouvé de place dans la salle d’hôtes, ne mettent pas d’obstacles au logement d’êtres humains qui sont aussi nos frères. (apic/com/be)

17 décembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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