Appui d’un haut dignitaire religieux

Iran: Un pas en avant contre la lapidation en cas d’adultère

Téhéran, 30 décembre 2002 (APIC) Un haut dignitaire religieux iranien a déclaré le 29 décembre que la lapidation n’est pas l’unique punition applicable en cas d’adultère. Il accorde ainsi son appui au mouvement réformateur qui demande l’interdiction de cette pratique.

L’ayatollah Naser Markarem Shirazi a écrit une «fatwa» qui précise «qu’en certaines circonstances la mort par lapidation peut être remplacée par d’autres méthodes de punition». Cet ayatollah est l’un des chefs religieux les plus influents de la ville de Qom (environ 120 km au sud de Téhéran), le centre religieux de l’Iran. La «fatwa» est une obligation religieuse pour les musulmans chiites, qui composent la grande partie de la population iranienne.

Le législateur réformiste Fatemeh Rake’i a déclaré qu’il s’agit «d’une victoire pour le mouvement réformateur, qui cherche à mettre fin à la discrimination dont sont victimes les femmes.» Cependant, si l’interdiction de la lapidation est acceptée au niveau législatif, elle doit encore recevoir l’approbation du «Conseil des gardiens», un organisme de supervision législative aux mains des conservateurs purs et durs.

La lapidation se raréfie en Iran

Un autre ayatollah influent, Hussein Mousavi Tabrizi, prône également l’abolition de la lapidation au nom de la modernité. Selon lui, «toute punition incluant la lapidation donne une mauvaise image de la religion et porte ainsi préjudice à l’Islam».

Largement répandue durant les premières années qui ont suivi la révolution de 1979, la lapidation s’est aujourd’hui raréfiée en Iran. En 2001, seuls deux cas d’exécution ont été signalés. Des représentants de l’Union européenne, présents en Iran au début décembre, ont confirmé l’intention de responsables iraniens de faire aboutir un moratoire sur la lapidation. (apic/ap/sh)

30 décembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
Partagez!