L’Union des journalistes russes donne raison aux religieux

Moscou: La Communauté franciscaine de Russie marque un point contre deux médias

Moscou, 10 janvier 2003 (APIC) L’Union des journalistes russes a condamné une télévision et un quotidien de Moscou, qui avaient impliqué la Communauté franciscaine russe dans une affaire de prostitution, indique vendredi l’Agence France presse, citant des sources religieuses. Les Franciscains avaient renoncé à poursuivre les médias en justice

Le Grand Jury, organe de l’Union des journalistes chargé de veiller à la déontologie professionnelle des journalistes, présidé par l’ancien ministre de l’Information Mikhaïl Fedotov, a condamné fin décembre le journal Komsomolskaïa Pravda – premier quotidien russe par son tirage – pour avoir, dans un article du 7 octobre intitulé «Un monastère de Moscou se révèle être un bordel», inclus, en toute connaissance de cause, des éléments diffamatoires «en contradiction flagrante avec la réalité».

«L’article blesse ouvertement les sentiments des croyants, ce qui ne fait pas honneur à un journal aussi populaire que la ’Komsomolskaïa Pravda’», a écrit le Grand Jury dans sa décision.

Les mêmes reproches sont adressés à la compagnie de télévision «Ostankino», dont le reportage a été diffusé sur la Première chaîne russe, la plus importante par son audience. Les réalisateurs y ont en outre monté des cadres d’archives tendancieux et éliminé les explications du supérieur des Franciscains, Grigori Cioroch.

Ce dernier s’est réjoui vendredi du verdict de l’Union des journalistes, y voyant «un signe que la Russie est un Etat de droit où la conscience a le droit de cité». Il n’en estime pas moins que l’affaire de l’appartement loué par les Franciscains et transformé à leur insu par la locataire en maison close, ainsi que le comportement des médias, relevaient d’une «provocation préparée longtemps à l’avance».

Le Vatican avait vivement réagi

Au moment des faits, le Vatican s’était uni aux franciscains de Russie pour protester contre «une ignoble opération», qui avait pour objectif de discréditer moralement la communauté des franciscains présente à Moscou.

Des appartements, propriétés des Frères mineurs, furent utilisés à leur insu pour des activités de prostitutions. Dans un communiqué publié le 14 octobre, le porte-parole du Saint-Siège avait en effet manifesté son soutien, «en espérant que justice soit faite comme cela doit se faire dans un Etat de droit».

Les locaux en question avaient été loués à un privé qui affirmait vouloir les utiliser pour une oeuvre de bienfaisance. Le porte-parole du Saint- Siège avait dénoncé le quotidien en question ainsi que la chaîne de TV, pour avoir diffusé des nouvelles «sournoisement contrefaites», parmi lesquelles figuraient des images de personnes déguisées avec des habits religieux et filmées dans des comportements immoraux, «avec l’évidente intention de nuire à la réputation de la communauté catholique», devait enfin préciser Joaquin Navarro- Valls. (apic/ag/imedia/pr)

10 janvier 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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