Ne pas oublier les problèmes du Sud
Rome: Rencontre entre le CELAM et la COMECE
Rome, 19 janvier 2003 (APIC) Les présidences du Conseil des Episcopats d’Amérique Latine (CELAM) et de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) ont tenu une réunion le 16 janvier 2003 à Rome. Dans une période où l’attention du monde politique et de l’opinion publique en Europe est concentrée sur la menace d’une guerre au Moyen- Orient, les évêques ont appelé à ne pas perdre de vue les grandes difficultés que traversent actuellement beaucoup de régions du monde et en particulier l’Afrique et la partie sud du continent américain.
Des pays comme l’Argentine, la Colombie ou le Venezuela dépendent aujourd’hui plus que jamais de la solidarité de la communauté internationale. Selon eux, le processus de rapprochement entre les deux régions Amérique Latine et Union européenne devrait être accéléré.
Plus de 150 représentants des épiscopats des deux parties du monde se sont réunis pour ce Congrès social, afin de discuter d’un point de vue de l’Eglise les relations entre Amérique Latine et Europe.
La délégation du CELAM était présidée par Mgr Jorge Jiménez Carvajal, Président du Conseil des Episcopats de l’Amérique Latine. La délégation de la COMECE était présidée par Mgr Josef Homeyer, Président de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne. Le vice-président de la COMECE, Mgr Adrianus van Luyn ainsi que les deux secrétaires généraux, Mgr Carlos Aguiar Retes et Mgr Noël Treanor ont également participé à cette rencontre.
Cette première entrevue entre les présidences du CELAM et de la COMECE depuis le Congrès social, organisé conjointement en mai 2002 à Madrid, a traité des dernières évolutions des relations Amérique Latine et Union européenne et la contribution possible de l’Eglise.
Motifs de satisfaction
Les évêques se sont réjouis du 8ème cycle de négociation sur un accord d’association entre le Mercosur et l’Union européenne, qui s’est tenu du 11 au 15 novembre 2002 Brasilia. Les prélats ont salué la signature de l’accord de l’association entre le Chili et l’Union européenne le 18 novembre 2002 à Bruxelles, de même que la signature d’un mémorandum sur la coopération entre le Brésil et l’Union européenne le 19 novembre 2002 à Bruxelles. Ils ont également exprimé leur enthousiasme au sujet du premier forum de la société civile Union Européenne-Mexique le 26 novembre 2002 à Bruxelles sur la mise en oeuvre de l’accord de coopération politique et de partenariat économique entre le Mexique et l’Union européenne.
Des signes positifs
Ces éléments, parmi d’autres, prouvent la régularité et la stabilité grandissante des relations entre les deux régions. Pour les évêques, ils sont un signe positif permettant de mieux prendre en compte le bien commun universel, qu’évoquait l’encyclique «Pacem in terris» du pape Jean XXIII il y a exactement quarante ans et dont le pape Jean Paul II fait référence dans son dernier message pour la Journée mondiale de la Paix le 1er janvier 2003.
Ces liens divers entre l’Amérique Latine et l’Union européenne serviront à contribuer à cette «nouvelle organisation de toute la famille humaine», que le pape propose dans son message de paix.
Approbation de nouvelles étapes
Parmi les prochaines étapes importantes, les prélat ont identifié un premier projet d’accord consolidé sur l’association entre le Mercosur et l’Union Européenne, qui est attendu pour mars prochain. Pour les évêques, cet accord d’association est d’une importance capitale étant donné les graves difficultés économiques et sociales qu’affrontent l’Argentine et les autres pays de ce bloc régional. La proposition du Parlement européen de créer un Fonds de solidarité bi-régional pour aider concrètement les pays qui traversent une grave crise a trouvé le soutien des évêques.
Les évêques ont également salué le projet de conclure un accord de dialogue et de coopération politique entre les Etats d’Amérique centrale et l’Union européenne, qui devrait être complété par une zone de libre échange après la conclusion du cycle de Doha dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce.
Ombre au tableau
Quant à cette dernière, les évêques ont exprimé leur déception face à l’échec des négociations à l’OMC sur l’exportation des médicaments génériques dans les pays pauvres, bien que l’accord de Doha ait initialement prévu de conclure celles-ci avant la fin de l’année 2002. En vue de la prochaine réunion ministérielle de l’OMC à Cancun au Mexique à la fin de cette année, les présidences du CELAM et de la COMECE se sont engagées à contribuer d’une manière coordonnée à cet événement.
Quant aux différents forums de la société civile qui accompagnent les accords de partenariat et d’association existants, les présidences du CELAM et de la COMECE se sont accordées sur une participation conjointe, à condition que la particularité de l’Eglise soit respectée dans ces enceintes.
Souligner la dimension spirituelle
Par leurs rencontres, les évêques souhaitent souligner la dimension spirituelle dans les relations entre leurs régions respectives. Dans un monde de plus en plus interdépendant, l’héritage culturel et religieux, que continuent de partager l’Amérique Latine et l’Europe, est très significatif pour les peuples de ces deux continents.
Enfin, les présidences du CELAM et de la COMECE se sont engagées à poursuivre leur dialogue et leur collaboration et de se revoir prochainement. La réunion des évêques s’est terminée par une prière pour la paix dans le monde et particulièrement au Moyen Orient. (apic/com/sh)




