Zurich: La municipalité lance un appel pour «nouvelle politique de l’asile»
En réaction à la campagne «anti-étrangers» de l’UDC
Zurich, 31 janvier 2003 (APIC) La municipalité de Zurich lance un «appel urgent» pour une «nouvelle politique de l’asile». En proposant dix recommandations, dont un accès facilité au marché de l’emploi, elle réagit face à la politique de durcissement demandée par plusieurs cantons alémaniques et à une campagne de l’UDC (Union démocratique du centre) montrant un étranger couché dans un drapeau suisse en forme de hamac.
La ville de Zurich demande que l’on cesse «enfin de stigmatiser les requérants d’asile». Elle estime que le pays, par sa politique d’asile, crée un environnement encourageant la criminalité. «Ce sont les mêmes personnes qui interdisent aux requérants de travailler et qui leur reprochent ensuite d’être paresseux», écrit l’exécutif zurichois dans sa prise de position.
Le conseil communal réagit clairement à la campagne de l’UDC zurichoise, qui a récemment diffusé des annonces présentant les étrangers comme des paresseux, vivant aux crochets des Suisses. Un avocat de Coire, Jean-Pierre Menge, a d’ailleurs déposé plainte contre le parti mené par le conseiller national Christoph Blocher qui, estime-t-il, a violé la loi antiraciste. Selon la légende du dessin de l’UDC, paru notamment dans la «Neue Zürcher Zeitung», «toujours plus d’immigrés vivent sur le dos des contribuables». C’est une discrimination et une humiliation pour 20% de la population, estime le plaignant, qui fustige également l’attitudes de journaux qui ont publié l’annonce.
Le niveau de vie des requérants n’est plus acceptable
L’exécutif de Zurich, qui compte quatre socialistes, une écologiste, trois radicaux et une élue sans parti, juge sévèrement les dernières révisions du droit d’asile: «Pour décourager les requérants d’asile, on a, ces dernières années, non seulement durci les conditions d’accueil, mais aussi abaissé le niveau de vie des personnes vivant ici d’une façon qui n’est presque plus acceptable.»
L’exécutif évoque le peu de place laissé aux étrangers dans les centres d’hébergement et l’interdiction qui leur est faite, dans certains cantons, de travailler pendant douze mois alors que la Confédération a réduit ce laps de temps à trois mois. Laissés à eux-mêmes pendant la journée, les réfugiés se rendent alors dans la ville d’à côté. «Les centres urbains sont ainsi devenus des structures d’accueil de jour pour les requérants hébergés aux alentours.» Mais, trois francs par jour d’argent de poche, «ce n’est rien d’autre qu’une invitation à la petite criminalité», poursuit la ville dans sa prise de position. L’exécutif trouve dès lors même étonnant que si peu de requérants d’asile ne cèdent à la tentation de devenir criminels.
L’appel intitulé «Dix règles pour une nouvelle politique suisse de l’asile» touche notamment le droit à travailler, le droit à l’éducation pour les jeunes, l’auto-organisation des personnes hébergées et le soutien mutuel entre compatriotes. (apic/ag/bb)




