Irak : L’ambassadeur américain près le Saint-Siège critique la politique du Vatican
Les Etats-Unis veulent réviser les critères de la «guerre juste»
Rome, 2 février 2003 (APIC) Le torchon brûle entre l’administration Bush, qui veut à tout prix déclencher une guerre contre l’Irak, et le Vatican, qui cherche à empêcher le carnage. L’ambassadeur américain près le Saint- Siège, Jim Nicholson, qui veut imposer le label de «guerre juste» à la croisade américano-britannique contre Saddam Hussein, déplore la position vaticane sur l’Irak.
Dans un entretien vendredi à l’agence de presse britannique Reuters, Jim Nicholson s’est particulièrement dit «déconcerté» par les récentes déclarations du cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican. «Je ne sais pas s’il faut ou non changer les critères de la doctrine dite de la guerre juste, mais les faits ont beaucoup changé», a déclaré l’ambassadeur Jim Nicholson, qui fait du lobby à Rome pour «vendre» la nouvelle politique américaine de la «guerre préventive». Ce dernier a convoqué à Rome, pour le 10 février prochain, un théologien conservateur américain, Michael Novak, afin de prouver qu’une éventuelle guerre en Irak serait «juste».
«Ces critères vieux de plusieurs siècles sont-ils toujours valides ? «
«L’analyse, a-t-il affirmé, doit prendre en compte l’évolution de la vitesse et de la puissance des armes de destruction de masse (.) La définition de provocation ou d’agression doit par ailleurs prendre en compte les conséquences d’une attente», estime Jim Nicholson. Ainsi, pour l’ambassadeur américain près le Saint-Siège, «les nouvelles menaces incitent les esprits intelligents et réfléchis à se demander: ’ces critères vieux de plusieurs siècles sont-ils toujours valides’ ? Doit-on attendre d’être frappé en premier lorsque cette frappe pourrait tuer des millions de personnes ?’».
«Nous ne voulons pas la guerre», a ajouté Jim Nicholson. «Mais nous avons appris que nous ne pouvons pas ignorer ces conditions qui sont sur le point d’arriver», a-t-il précisé en rappelant qu’Hitler, dans les années 1930 en Europe, était «salué» comme pouvant rétablir la paix.
«Nous avons appris les conséquences de ne pas avoir pris de décisions plus tôt», a poursuivi l’ambassadeur en répondant directement à la critique du cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican. Ce dernier avait souligné, le 29 janvier, «l’inutilité» de «discuter pour savoir si la guerre est préventive ou non, car il ne s’agit certainement pas d’une guerre défensive». «Déconcerté» par cette déclaration, J. Nicholson a répondu que «si le Saint-Siège met sa foi dans les Nations Unies, il semble nécessaire qu’il laisse le processus en cours se dérouler et attende de voir ce que la communauté internationale décidera».
Le ministre des Affaires étrangères américain, Colin Powell, devait présenter les «preuves» du gouvernement américain selon lesquelles l’Irak serait «une menace pour l’humanité». Le cardinal Edward Egan, archevêque de New York aux Etats-Unis, avait lui-même insisté le 28 janvier pour que ces preuves soient suffisamment «claires» pour légitimer une éventuelle guerre contre l’Irak, qui risque d’être désastreuses pour des millions de civils innocents. (apic/imedia/be)




