Le recyclage de l’argent sale reste une spécialité suisse
Suisse: Les socialistes chrétiens appellent à une moralisation de l’économie
Yverdon-les-Bains, 3 février 2003 (APIC) La Suisse reste un paradis pour l’évasion fiscale et le recyclage de l’argent gagné malhonnêtement partout sur la planète. C’est ce qu’a dénoncé la Fédération romande des socialistes chrétiens, lors de sa réunion annuelle le 1er février à Yverdon-les-Bains. Pour moraliser l’économie, les socialistes chrétiens défendent une fiscalité progressive et encouragent l’engagement politique des citoyens.
Malgré l’autodiscipline des banques et les progrès de la législation, le «schéma classique: crime à l’étranger, argent placé en Suisse» reste d’actualité, comme l’a rappelé l’ancien procureur de Genève Bernard Bertossa. Il a souligné que face aux réseaux financiers internationaux, les législations nationales sont «bien démunies».
Dominique Froidevaux de la COTMEC (Commission Tiers Monde de l’Eglise catholique à Genève), a dénoncé l’évasion et l’optimalisation fiscale, qui paupérisent les pays du Sud et dont la Suisse «profite sans complexe». De même Edouard Dommen, économiste genevois, a rappelé que la «fiscalité n’est pas un jeu, mais une nécessité sociale».
Les milliards du blanchiment
Selon des chiffres communiqués récemment par l’agence télégraphique suisse (ATS), le montant du blanchiment de l’argent sale dans le monde en 2001 est estimé à 1’290 milliards de francs suisses. Seul un millième de cette somme a pu être découvert par les moyens actuels de détection.
On estime que la prostitution et le vol constituent 46% de cette somme, la drogue 34% et la fraude fiscale et douanière 19%. A titre de comparaison, la mafia italienne qui rackette les petites et moyennes entreprises n’a récolté que 90 milliards de francs pour la même période.
Nouveau président pour les socialistes chrétiens romands
Didier Rochat, chef de l’Office de la formation continue et du secteur social de l’Etat de Neuchâtel a été nommé le 1er février président de la Fédération romande des socialistes chrétiens. Licencié en théologie et titulaire d’un master en administration publique, il succède au Vaudois Pierre Aguet, ancien député, conseiller municipal et national, qui a présidé la Fédération pendant 12 ans. (apic/com/sh)




