Pour un débat entre tous les membres de l’ONU
Irak: Amnesty International craint les répercutions d’une guerre sur les civils
Londres, 12 février 2003 (APIC) Amnesty International a écrit le 11 février au président du Conseil de sécurité de l’ONU pour lui indiquer sa crainte des répercutions pour la population civile d’une action militaire en Irak. L’organisation souligne que la question des effets d’une guerre devrait faire l’objet d’un débat lors d’une session ouverte réunissant tous les membres des Nations unies.
Amnesty International indique dans un communiqué diffusé le 12 février qu’elle craint fort que la situation régnant actuellement en Irak dans le domaine humanitaire et des droits humains ne se détériore rapidement en cas d’action militaire. «Il existe en particulier un risque d’assister à une recrudescence des atteintes aux droits humains de la part des autorités irakiennes, de groupes d’opposition armés et d’autres parties impliquées dans les opérations militaires, ainsi qu’à des représailles fondées sur des considérations ethniques ou autres», communique l’organisation de défense des droits humains.
La Secrétaire générale d’Amnesty International, Irene Khan, s’est adressée au Conseil de sécurité des Nations Unies et au Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan pour demander que la question de l’impact humain d’un conflit en Irak ne soit pas abordée lors d’un briefing informel du Conseil de sécurité, mais débattue de manière formelle, ouverte et transparente. «Cette question est beaucoup trop grave pour être uniquement évoqué à huis clos», a indiqué Irene Khan. Ajoutant «Les conséquences d’une guerre sur le plan humanitaire et des droits humains doivent constituer une préoccupation prioritaire du Conseil de sécurité».
Amnesty International a demandé à l’ensemble de ses membres, à travers le monde, de faire pression sur le Conseil de sécurité en faveur d’un débat élargi à l’ensemble des Nations unies. L’organisation a également appelé le Conseil de sécurité à demander au Secrétaire général de faire de toute urgence un exposé public sur l’impact d’une action militaire sur la population civile d’Irak et d’ailleurs. Aux yeux d’Irene Khan, «la présence en Irak d’observateurs des droits humains contribuerait de façon notable à la protection des droits de la personne, non seulement dans les circonstances actuelles, mais également dans tout cas de figure à venir». BB
Encadré:
La section suisse d’Amnesty International manifestera à Berne
La Section suisse d’Amnesty International annonce le sa participation active à la manifestation contre une intervention armée en Irak, qui aura lieu le 15 février à Berne. «Il est inadmissible de sacrifier les droits humains aux intérêts géopolitiques», lance-t-elle dans un message diffusé le 12 février.»Nous dénonçons avec force le discours pervers qui consiste à laisser croire que la guerre se ferait au nom des droits humains et de la liberté du peuple irakien», insiste Daniel Bolomey, Secrétaire général de la Section suisse d’Amnesty International, en rappelant que l’organisation dénonce depuis des années les exactions qui se commettent dans ce pays, sans que les pays occidentaux ne réagissent.
Dans son appel, Amnesty International indique avoir demandé aux autorités suisses de faire tout leur possible afin que la protection de la population civile irakienne et la défense du droit humanitaire soient au centre des préoccupations de la communauté internationale. «A ce titre, nous nous réjouissons particulièrement des déclarations et initiatives de notre Ministre des Affaires étrangères Madame Calmy-Rey», relève Daniel Garcia, président du Comité exécutif de la Section suisse. Selon lui, «la Suisse se doit de non seulement offrir ses bons offices, mais dire aux protagonistes qu’ils ont la responsabilité de protéger les droits humains du peuple irakien». (apic/com/bb)




