Couvre-feu dans le district de Dhar
Inde: Nouvelles émeutes entre hindous et musulmans autour d’un édifice religieux
Bhojshala, 21 février 2003 (Apic) Les autorités de l’Etat indien du Maya Prades ont décrété le couvre-feu dans le district de Dhar. Au deuxième jour d’émeutes entre hindous et musulmans, la police est intervenue en force. Elle a ouvert le feu sur la foule et fait sept blessés. A l’origine de ces violences: la propriété d’un édifice religieux revendiquée à la fois par les musulmans et les hindous.
Le mercredi 19 février, un groupe d’hindous a tenté de pénétrer en force dans un édifice religieux à Bhojshala. Selon un accord de 1997, les musulmans ont le droit de fréquenter les lieux chaque vendredi pour la prière et les hindous une fois par année pour célébrer un jour saint.
Un groupe d’extrémistes hindous, le «Jaguar Manche» a appelé à une attaque générale dans tout le district de Dhar, qui connaît une série d’incidents et violences sporadiques depuis le 19 février. La police a arrêté 150 personnes.
Hindous et musulmans revendiquent la propriété de cet édifice du CIe siècle. Les hindous parce qu’il a servi d’université de sanskrit (la langue de leur religion). Les musulmans parce qu’il abrite les restes d’un saint acète.
Antécédents au Gujarat
L’an passé un dispute de même type entre indous et musulmans dans le Gujarat, au nord de l’Inde, avait provoqué la mort d’au moins mille personnes, selon les autorités. D’après des organisations de défense des droits de l’homme, le nombre des victimes est de 2’000. 131 musulmans liés à ces émeutes sont actuellement poursuivit selon la législation sur le terrorisme. La majorités des victimes de ces violences étaient des musulmans. Aucun hindou n’a fait l’objet de poursuites judiciaires. (pic/bbc/sh)
Porto Rico: Les Eglises saluent le départ annoncé des militaires américains
60 ans «d’occupation»
San Juan, 20 février 2003 (Apic) La décision de l’armée américaine de se retirer de la base militaire installée sur la petite île portoricaine de Vieques a été saluée avec satisfaction par des responsables d’Eglise et autres militants. Depuis des années, ils protestent contre cette zone d’exercices de tir et de manoeuvres militaires.
«Grâce aux responsables religieux qui savent, comme d’authentiques pasteurs, être aux cotés de leur peuple et le défendre, David a une fois de plus vaincu Goliath», souligne le pasteur German Acevedo-Delgado, militant de l’Eglise méthodiste unie.
La marine des Etats-Unis a entamé sa dernière série d’exercices à Vieques au début de février, et a promis de partir avant le 1er mai de l’île de Vieques, dont elle contrôle les deux tiers depuis 1941. Porto Rico est un Etat libre étroitement associé aux Etats-Unis.
Des Portoricains de tous les secteurs de la société, des pasteurs, des prêtres, des religieuses, des évêques, le secrétaire général de la Société biblique, mais aussi des parlementaires des Etats-Unis protestent depuis longtemps contre cette base navale installée sur l’île de 37 kilomètres de long, qui compte environ 9’000 habitants.
Des manifestations ont eu lieu, rassemblant des dizaines de milliers de personnes, et environ 1’500 d’entre elles ont été arrêtées ces quatre dernières années. Des manifestants ont à plusieurs occasions occupé les plages où avaient lieu les exercices et ont été expulsés par l’armée américaine. Une chapelle oecuménique a même été construite au beau milieu de la zone d’entraînement et a été détruite par les forces militaires qui ont repris la zone.
La marine, qui va déplacer ses activités vers la Floride et d’autres parties des Etats-Unis, a déclaré qu’elle allait confier Vieques au Département de l’intérieur américain pour qu’elle soit transformée en réserve naturelle.
Petits souvenirs à l’uranium
Pourtant, les habitants de l’île de Vieques craignent que la marine ne les laisse avec un grave problème pour leur environnement. Ils ont donc demandé au gouvernement des Etats-Unis de nettoyer les produits toxiques qui restent après des exercices militaires.
Des décennies de tirs ont engendré un taux de cancer élevé, déplorent les habitants de Vieques, qui craignent que les munitions à l’uranium appauvri et les métaux lourds ne laissent des traces et n’engendrent des souffrances pendant des années.
Après 60 ans de tensions avec la marine américaine, les habitants de Vieques sont sceptiques et doutent encore du départ de la marine. «Nous n’avons confiance ni dans la marine ni dans le gouvernement fédéral, et c’est pourquoi nous sommes décidés à poursuivre le combat, et à suivre de près toute démarche visant à utiliser de nouveau Vieques», avertit Nilda Medina, porte-parole du Comité pour la sauvegarde et le développement de Vieques, qui a fait campagne contre les exercices militaires.
Entre-temps, un complexe de luxe de 156 chambres devrait s’ouvrir à Vieques le 24 février. Ses propriétaires ont déjà reporté plusieurs fois l’inauguration, car ils attendaient le départ de l’armée. (apic/eni/sh)




