L’Eglise n’a pas le droit de se taire
Rome:Jean Paul II dénonce toute manipulation biomédicale de l’être humain
Rome, 24 février 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II a dénoncé toutes les sortes de manipulation biomédicale sur l’être humain, le 24 février, en recevant au Vatican les participants à la 9ème assemblée générale de l’Académie pontificale pour la vie. Conscient du fait qu’il est déjà souvent intervenu sur le sujet du respect de la vie, le pape a précisé qu’il s’agit de «justice» et de «solidarité internationale».
Les membres de l’Académie pontificale pour la vie, fondée par Jean Paul II en 1994, sont actuellement réunis au Vatican dans le cadre d’un congrès organisé jusqu’au 26 février sur le thème : «Ethique de la recherche biomédicale, pour une vision chrétienne».
Dès le premier jour des travaux, les 160 participants ont été reçus par le pape. Dans son discours prononcé en italien, ce dernier a fortement dénoncé «toutes tentations de manipulation de l’homme», que ce soit par le clonage, l’euthanasie, l’avortement, ou encore dans le cadre de la recherche de solutions au problème de la stérilité.
Souvent critiqué pour être intervenu très fréquemment sur le sujet de la défense de la vie humaine depuis le début de son pontificat, Jean Paul II a répondu, au cours de son discours, en expliquant être convaincu que «se taire face à certains résultats (scientifiques) ou quelques prétendues expérimentations sur l’homme, n’est permis à personne, et encore moins à l’Eglise dont l’éventuel silence pourrait être à l’avenir dénoncé par l’histoire et peut-être même par les scientifiques».
Le pape actuel est notamment l’auteur de l’encyclique «Evangelium Vitae», considérée comme un point de référence pour les catholiques dans le domaine de la recherche médicale, après «Humanae Vitae» de Paul VI. «L’Eglise respecte et appuie la recherche scientifique», à condition que celle-ci refuse «toute forme d’instrumentalisation ou de destruction de l’être humain et reste libre de l’esclavage d’intérêts politiques et économiques», a rappelé Jean Paul II.
Médecine et justice Nord – Sud
Avant de prendre congé des membres de l’Académie pontificale pour la vie, le pape a enfin lancé un appel pour que soit «comblé le fossé très grave et inacceptable qui sépare le monde en voie de développement du monde développé», en particulier dans le domaine de la recherche biomédicale. «Laisser les populations affligées par la misère et les épidémies sans les ressources de la science et de la culture les condamne non seulement à la pauvreté, à l’exploitation économique et au manque d’organisation sanitaire, mais est aussi une injustice qui alimente une menace à venir pour le monde». Il s’agit de «contribuer à la paix dans le monde entier», a conclu Jean Paul II, expliquant qu’un tel discours moral «s’ouvre nécessairement à un discours de justice et de solidarité internationale».
Les 160 participants à l’assemblée générale de l’Académie pontificale pour la vie réfléchiront sur plusieurs aspects de la recherche biomédicale, durant les deux jours de débats. Les relateurs proposeront notamment des travaux sur «L’implication du grand public dans le développement de la recherche biomédicale: le rôle clef des mass média», ou encore sur «Les ’conflits d’intérêts’ dans la recherche biomédicale: économie et idéologie». (apic/imedia/sh)




