Pressions policières sur l’archevêque de Bulawayo

Zimbabwe: Les 19 hommes d’Eglise arrêtés vendredi ont été relâchés

Harare, 2 mars 2003 (Apic) Les 19 hommes d’Eglise arrêtés le 28 février dans la capitale zimbabwéenne ont été relâches. Leur manifestation dénonçait les abus de la police. Selon leur avocat, ils devront passer en justice pour trouble de l’ordre publique.

Les 19 religieux appartiennent à la Conférence Nationale des Pasteurs du Zimbabwe (ZNPC). Ils protestaient contre les abus de la police à leur égard. Les pasteurs s’étaient rassemblés en face du commissariat central de Harare, apportant avec eux des panneaux et quelques croix en bois. Après une demie heure quelques dizaines d’agents de police sont sortis des locaux, alors que des renforts arrivaient à bord d’un véhicule. Au cours de la manifestation, les pasteurs zimbabwéens ont distribué un document qui accusait les forces de police du pays africain d’avoir interrompu il y a deux semaines un rencontre qui portait sur le rôle de l’Eglise dans la solution de la crise, qui frappe lourdement le pays.

Pressions sur des responsables d’Eglise

L’archevêque catholique de Bulawayo, Mgr Pius Ncube a été mis en garde par des officiers de police de «se contenter de services purement religieux». L’archevêque, aux sermons très engagés, a rétorqué «quand les gens souffrent l’Eglise ne peut pas se taire». Mgr Ncube a notamment, lors d’une messe, fait témoigner plusieurs victimes de tortures.

Le 14 février dernier, la police a procédé à l’arrestation de l’évêque protestant Trevor Manhanga, chef de la Compagnie Oecuménique des églises du Zimbabwe et trois activistes de la Coalition pour la Crise du Zimbabwe (CZC), qui regroupe diverses organisations de la société civile. Les 19 religieux arrêtés à Harare, ainsi que ceux qui le furent il y a deux semaines ont tous été accusés de violation de la loi sur l’ordre public et la sécurité.

Peu avant sa victoire aux élections controversées de mars 2002, le président Robert Mugabe promulguait une loi sur la sécurité publique qui prévoit l’arrestation immédiate pour tous ceux qui prennent part à des manifestations qui n’ont pas été préalablement autorisées par le gouvernement. (apic/bbc/misna/sh)

2 mars 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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