1 Neuchâtel: Ouverture de la campagne oecuménique de carême «S’écouter pour s’entendre»
Pour un partage des ressources de la communication
Neuchâtel, 2 mars 2003 (APIC) La campagne de carême 2003 «S’écouter pour s’entendre» a été officiellement ouverte le 28 février à Neuchâtel en présence des responsables des trois oeuvres d’entraide partenaires Pain pour le Prochain (protestante), Action de Carême (catholique) et Etre partenaires (catholique chrétienne).
Quelque 200 personnes ont assisté vendredi soir à la célébration d’ouverture à l’«église rouge», l’église catholique Notre-Dame de l’Assomption construite au siècle passé sur un terrain gagné sur le lac. La cérémonie oecuménique interculturelle, qui a pris des couleurs surprenantes lors de l’irruption dans le choeur de l’église des personnages burlesques de la compagnie des ArTpenteurs, sera retransmise sur la télévision TSR 2 dimanche 16 mars à 10h. A l’invitation des organisateurs de la campagne de carême, les ArTpenteurs, qui veulent inventer un monde où il n’y aurait plus d’étrangers, ont créé un spectacle ayant pour titre «La planète somnambule». Ils tourneront ces prochaines semaines dans les paroisses de Suisse romande.
Placée sous la présidence conjointe de l’abbé Joseph Demierre – qui vient de passer 8 ans au milieu des 600’000 habitants du bidonville d’Aguablanca, à Cali, en Colombie -, et du pasteur neuchâtelois Rémy Wuillemin, la célébration avait par moments des accents latinos grâce au groupe «Voces Amigas», sous la direction de José Bravo.
Au Congo, les gens mangent du miel amer et boivent du lait noir !
Le Quatuor Laqué – des jeunes venus de Fribourg – a pour sa part apporté une note légère en contrepoint de la gravité du témoignage du pasteur congolais Titre Ande. «Chez nous, au Congo, a-t-il lancé, les gens mangent du miel amer et boivent du lait noir ! Depuis 4 ans, le Congo reste déchiré par la guerre. Les étrangers sont en train de piller systématiquement les richesses du pays, soit directement, soit par des personnes interposées. On compte aujourd’hui un nombre incalculable de réfugiés et de déplacés de guerre, et plus de 2,5 millions de morts.»
A la grande surprise du pasteur anglican congolais, les insondables souffrances de son peuple sont rarement évoquées par les chaînes de télévision occidentales: «C’est une guerre oubliée. Quels sont, en fait, les mécanismes sur lesquels est basée la communication internationale ?» Un questionnement au coeur de la campagne oecuménique de cette année, répercuté également dans son homélie par Karin Phildius.
Repli sur soi et peur de l’étranger
En effet, a lancé la pasteure de la Chaux-de-Fonds, «nous vivons aujourd’hui un étrange paradoxe: alors que le monde est devenu un immense village et que nous pouvons connaître les richesses incroyables de chaque culture, nous assistons dans le même temps à un repli sur soi, à une tendance à se regrouper avec des gens qui ont les mêmes idées, qui ont la même langue et les mêmes habitudes, le même statut social. L’Evangile nous invite pourtant à sortir de nos cercles plus ou moins fermés pour apprendre à partager et à apprécier la diversité.»
La traditionnelle campagne oecuménique invite ces prochaines semaines au partage des ressources de la communication au niveau local et international en insistant sur le dialogue interpersonnel, interculturel et interreligieux. Face à la tendance à la baisse des collectes, Antonio Hautle, directeur de l’Action de Carême, a rappelé la nécessité du partage matériel pour que les trois oeuvres d’entraide puissent poursuivre leurs projets en partenariat avec les populations défavorisées des pays du tiers monde. Mais, a-t-il insisté, «les pauvres du Sud ont avant tout besoin de notre solidarité en matière sociale, politique et économique !»
Auparavant, Christophe Stückelberger, directeur de Pain pour le Prochain, rappelant le slogan de la campagne de carême «S’écouter pour s’entendre», avait souligné que s’écouter contribue à la paix et à la sécurité : «Qui entend le défavorisé a la chance d’être écouté aussi. C’est le message d’encouragement de notre campagne nationale !». (apic/be)




