Le nonce apostolique reste à Bagdad

Rome: Le Vatican condamne l’usage de la force contre l’Irak

Rome, 18 mars 2003 (Apic) Quelques heures après l’ultimatum du président George W. Bush, le Saint-Siège condamne l’usage de la force contre l’Irak et met les Etats-Unis face à leurs responsabilités «devant Dieu, leur conscience et l’histoire». A Bagdad, alors que toutes les ambassades et les membres de l’ONU font leurs bagages, le nonce apostolique, Mgr Fernando Filoni, est bien décidé à rester sur place.

«Celui qui décide que tous les moyens pacifiques mis à disposition par le droit international sont épuisés, prend sur lui une grave responsabilité face à Dieu, à sa conscience et à l’histoire», a affirmé le 18 mars Joaquin Navarro Valls, porte parole du Saint-Siège. La veille, le président Bush, a donné 48 heures au Rais de Bagdad et à sa famille pour quitter l’Irak.

Sur place, à quelques dizaines d’heures de la guerre, les ambassades ferment leurs portes les unes après les autres pour rejoindre la Jordanie. Les équipes de journalistes se raréfient et les membres de l’ONU abandonnent le pays. Parmi les quelques diplomates qui comptent rester sur place, se trouvent le nonce apostolique, Mgr Filoni et son secrétaire, le prêtre français Jean François Lantheaume.

Ne pas abandonner la communauté chrétienne

«Bien sûr que nous allons rester», a ainsi affirmé Mgr Filoni au quotidien italien «Corriere della Sera» dans son édition du 18 mars. «Comment pourrions nous abandonner notre communauté chrétienne dans ce moment si difficile ? Pour nous, la question ne se pose même pas». «Les positions qui nous arrivent du Saint-Siège, a-t-il ajouté, correspondent en tout et pour tout à notre sentiment ici, à Bagdad. Avec eux, devraient rester quelques diplomates de Cuba, de la Russie, de la Grèce, du Liban et de la Syrie. «Les Irakiens ont beaucoup apprécié les efforts de l’Eglise catholique contre la guerre», a souligné le nonce apostolique. «Certains m’ont même dit qu’ils ne s’attendaient pas à tant».

Interrogé sur une peur éventuelle, Mgr Filoni a répondu: «Mais quelle peur ? Nous sommes plutôt préoccupés pour nos communautés chrétiennes. Notre mission est de les assister, d’être avec eux. Le pays est pauvre, les gens n’ont pas de défense. Pour le reste nous sommes dans les mains de Dieu». (apic/imedia/sh)

18 mars 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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