Près d’une centaine de religieux et religieuses refusés par Israël
Israël: Le refus de visas gêne gravement le travail de l’Eglise
Jérusalem, 3 avril 2003 (Apic) Le refus par Israël d’accorder des visas d’entrée à près d’une centaine de prêtres et de religieuses gêne gravement le travail de l’Eglise en Terre Sainte, a révélé un Comité catholique. Le rapport souligne que les permis de séjour sont refusés pour le personnel religieux depuis près de deux ans. De nombreuses institutions chrétiennes sont affectées, notamment le séminaire local à Beit Jalla.
Les catholiques de rite latin, maronite et grec-melkite catholique ont été affectés par ces mesures de restrictions, dénonce le Père assomptionniste Robert J. Fortin. Le religieux a présenté ce rapport du Comité ad hoc à l’archevêque Pietro Sambi, nonce apostolique en Israël et auprès de l’Autorité palestinienne.
Selon les membres du Comité, dont deux prêtres et une religieuse qui ont refusé d’être identifiés pour ne pas subir d’ultérieures mesures de rétorsion, le gouvernement israélien a enfreint «le droit de l’Eglise de former, nommer et déployer son propre personnel (.) et d’établir et de maintenir ses institutions.»
Le rapport révèle que 86 demandes de visas d’entrée et de permis de résidence pour du personnel de l’Eglise (50 femmes et 36 hommes de 13 pays) n’ont pas été acceptées. En grande majorité, les religieux refusés (70 cas) proviennent des Eglises des pays arabes. Trois Missionnaires de la Charité, la congrégation de Mère Teresa si chère aux yeux du pape Jean Paul II, se sont vu refuser leur visa. L’archevêque Pietro Sambi, nonce apostolique, va interpeller le gouvernement israélien. Le Comité craint que les visas de 22 séminaristes catholiques étudiant à Beit Jalla ne soient pas renouvelés, ce qui mettrait en grave danger cette maison qui forme les futurs prêtres de Terre Sainte.
Les journalistes aussi sont dans le collimateur du gouvernement Sharon
Le personnel religieux n’est pas le seul à souffrir des mesures restrictives prises par le gouvernement d’Ariel Sharon. Selon l’Institut International de la Presse (IPI) basé à Vienne, qui a envoyé cette semaine une mission de six membres en Israël, le Bureau de presse du gouvernement israélien (GPO) refuse de fournir des accréditations aux journalistes palestiniens et aux cameramen palestiniens employés par des médias étrangers. Le gouvernement israélien veut ainsi forcer les correspondants étrangers désireux de couvrir le conflit israélo-palestinien à employer des Israéliens à leur place, ce qui, souligne l’IPI, gêne souvent leur travail dans les territoires occupés.
Près de 100 professionnels des médias palestiniens ont vu leur accréditation révoquée. L’an dernier, l’IPI avait négocié un accord qui aurait dû permettre de les accréditer à nouveau, mais cet accord n’a jamais été mis en oeuvre par le gouvernement israélien. L’IPI, dont les 2’000 membres sont des journalistes, des éditeurs et des responsables de publication de 110 pays – enquête sur les violations de la liberté de la presse et la sécurité des journalistes.
A plusieurs occasions, Daniel Seaman, directeur du GPO, a accusé les journalistes de la presse étrangère d’être contre Israël et en faveur des Palestiniens. L’éditeur du quotidien «Haaretz», Amos Schocken, déclare à l’occasion de la visite de la délégation de l’IPI que la façon dont le gouvernement traite les médias étrangers «n’est pas un cas isolé… Cela reflète tout simplement le déclin continu et accru de la démocratie dans ce pays.» (apic/cns/haar/be)




