Interrogations sur les motivations, mais les Eglises condamnent

Tchéquie: Une vague de suicides par le feu chez les jeunes inquiète

Prague, 28 avril 2003 (Apic) Une vague de suicides de jeunes gens en Tchéquie provoque la polémique dans le pays. Plusieurs représentants d’Eglise de ce pays condamnent aujourd’hui ces suicides par le feu de jeunes qui veulent apparemment protester contre les injustices dans leur pays et dans le monde.

Le suicide d’un étudiant le 2 avril, à Plzen, mort après s’être aspergé d’essence, est intervenu un mois après la mort, le 6 mars, d’un autre jeune de 19 ans qui s’était immolé par le feu sur la place Wenceslas dans la capitale. L’acte du 2 avril était la cinquième immolation en six semaines.

«Il semble que ceux qui commettent ces actes horribles manifestent plutôt leur mal de vivre et ne soient pas motivés politiquement», a commenté Jitka Krausova, secrétaire général du Conseil oecuménique qui compte 11 Eglises protestantes et orthodoxes. Pour lui, «ces gestes pourraient aussi nous avertir que nous devons écouter les jeunes. Si leur mécontentement atteint de tels extrémités, nous devrions le prendre au sérieux». On s’en serait douté.

L’étudiant de 21 ans avait laissé une lettre déplorant les «injustices mondiales», ainsi que la situation des écoles et hôpitaux du pays. Rappelons que la Tchéquie a cautionné militairement l’acte de guerre des Etats-Unis et de l’Angleterre contre l’Irak.

Exploitation politique

Un porte-parole de l’Eglise catholique a pour sa part remarqué qu’il était difficile de voir quel était «le motif clair qui se cache derrière ces actes désespérés». «Ces incidents, relève-t-il dans une déclaration reprise par l’Agence oecuménique ENI, ont été exploités par les journaux et la télévision. Montrer des suicides dramatiques suscite l’intérêt», déclare Lawrence Cada, chargé de presse de la Conférence épiscopale tchèque.

Selon l’agence de nouvelles tchèque CTK, une note a été trouvée auprès de la dernière victime exprimant son «insatisfaction devant la situation politique mondiale» et rappelant qu’il était «une victime du soi-disant système démocratique dans lequel ce ne sont pas les citoyens, mais l’argent et le pouvoir qui décident». (apic/eni/pr)

28 avril 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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