Rome: Discours de Jean Paul II au congrès sur le 25e anniversaire de son élection
Un engagement «au service de la personne»
Rome, 9 mai 2003 (Apic) Jean Paul II a reçu, le 9 mai, les participants à un congrès sur le 25e anniversaire de son élection organisé par l’université pontificale du Latran. Le pape a évoqué son propre engagement académique «au service de la personne», puis a souligné combien le service à la vérité est un vaste champ à parcourir pour les membres de l’université. De son côté, le cardinal Roger Etchegaray a mis en valeur le charisme particulier du pape pèlerin.
Jean Paul II a manifesté sa satisfaction aux organisateurs du congrès pour avoir choisi comme thème, «l’Eglise au service de l’homme». «Durant toutes les étapes de ma vie universitaire et de mon ministère pastoral, a-t-il en effet affirmé, un des points essentiels de référence a été pour moi l’attention à la personne, mise au centre de toute recherche philosophique ou théologique».
Après avoir développé «le champ d’action missionnaire» des chercheurs de vérité qui transmettent «le message de l’évangile» qualifié de «phare de lumière et de salut» pour l’homme, il a ensuite encouragé les membres de «l’université du pape», à «aider l’homme à mieux percevoir la nostalgie de Dieu caché dans l’intime de chaque âme».
Le pape, successeur de Pierre et héritier de Paul
Durant les travaux de la matinée qui se sont déroulés dans la salle Paul VI du Vatican, le cardinal Roger Etchegaray a centré son intervention sur l’originalité du pape pèlerin. Reprenant les paroles mêmes de Jean Paul II, le cardinal français a affirmé que «les papes ne doivent pas uniquement se considérer comme les successeurs de Pierre, mais aussi comme les héritiers de Paul qui, comme nous le savons, ne s’est jamais arrêté: il était toujours en voyage. Et ce qui est vrai pour le pape l’est aussi pour ceux qui travaillent avec lui à Rome».
Evoquant les rares pays dont le pape «n’a pas encore pu ouvrir les frontières», l’ancien président du Conseil justice et paix a souligné qu’il «convient de savoir attendre, mais non pas passivement, le temps propice, le temps de Dieu». «A combien d’encablures se trouve le Tibre de la Moskova pour que se réalise la rencontre fraternelle attendue entre le pape et le patriarche de Moscou ?», s’est-il demandé alors que le Vatican travaille en ce moment sur une éventuelle étape en Russie lors de son voyage en Mongolie. «D’un autre côté, a-t-il ajouté, les lentilles astronomiques de Matteo Ricci ne suffisent pas à mesurer la véritable distance qui sépare ou plutôt qui unit Rome et Pékin. Ah ! Cette Chine populaire ne cesse de troubler le coeur de Jean Paul II qui, depuis le début de son pontificat, cherche avec tous les moyens à témoigner de son amitié pour le peuple chinois, un peuple qui constitue par lui-même plus d’un quart de la population terrestre !»
Vers des pays où les catholiques sont minoritaires
«Les priorités pastorales changent, a-t-il encore affirmé en commentant les destinations des voyages apostoliques, pour s’ouvrir toujours plus aux pays dans lesquels les catholiques sont minoritaires, spécialement en Asie et dans les régions musulmanes». «Plus l’Eglise va vers les frontières lointaines, a-t-il souligné, plus elle doit faire émerger sa figure originale, et il se trouve là, le charisme extraordinaire du pape Jean Paul II».
Concernant ce charisme particulier et ses conséquences dans les pays visités, le cardinal Etchegaray a rappelé des paroles prononcées par Jean Paul II lors d’un de ses 99 voyages hors de l’Italie: «vous criez Juan- Pablo, Juan-Pablo, mais moi je vous crie: Jésus-Christ, Jésus-Christ !». (apic/imedia/bb)




