Pour des visites Ad limina oecuméniques
Rome: L’ancien archevêque anglican George Carey au congrès pour le jubilé de Jean Paul II
Rome, 11 mai 2003 (Apic) L’ancien primat anglican George Carey, a proposé l’instauration de visites Ad limina pour les responsables des Eglises chrétiennes non catholiques. Il s’est exprimé à l’occasion du congrès organisé à Rome pour les 25 ans de pontificat de Jean Paul II.
Ce colloque s’est conclu à l’Université du Latran le 10 mai après de nombreuses interventions de cardinaux, évêques et laïcs ayant suivi de près le pape ces 25 dernières années.
Soulignant les nombreux gestes oecuméniques effectués par Jean Paul II au cours de son pontificat, l’archevêque Carey – parti à la retraite en 2002 – a proposé «l’institutionnalisation» d’un processus lancé par Jean XXIII et largement approfondi par Jean Paul II. «Pourquoi ne pas proposer, par exemple, une consultation informelle avec les leaders des Eglises d’autres communions?», a-t-il lancé devant une centaine de personnes dont des cardinaux et des évêques de la curie romaine.
Selon l’archevêque anglican, ces rencontres pourraient se faire sous la forme des visites Ad limina – forme abrégée de Ad limina apostolorum, littéralement, «Aux seuils des basiliques des Apôtres», déjà en vigueur pour tous les évêques catholiques. A travers ces dernières, les évêques du monde entier sont tenus de rendre compte périodiquement au Saint-Siège de la situation de leurs diocèses.
Mettre en lumière le ministère de l’évêque de Rome
«Je suis convaincu, a affirmé l’ancien primat anglican, de la valeur de ces visites qui pourraient mettre en lumière le ministère personnel de l’évêque de Rome». Pour l’archevêque George Carey, de telles rencontres permettraient en effet un contact «direct» entre le souverain pontife et les leaders des Eglises chrétiennes qui considèrent que le ministère de Pierre est «obscurci», voire «affaibli» par les membres de la curie romaine. Ces visites Ad limina oecuméniques, a-t-il conclu devraient être basées sur «l’humilité de la croix» et la «générosité» du témoignage chrétien.
L’ancien primat anglican est connu pour avoir favorisé les contacts entre Rome et Canterbury, où se trouve le siège de l’Eglise d’Angleterre. Au cours de son mandat à la tête de la Communion anglicane, il s’est rendu à six reprises auprès de Jean Paul II et fut notamment l’artisan d’une déclaration commune signée avec le pape actuel et de la création, en janvier 2001, d’une Commission internationale anglicane-catholique pour l’unité et la mission.
Pour une forte collégialité unie
Le 9 mai, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, avait pour sa part souligné le travail effectué par Jean Paul II en 25 ans sur le plan de la collégialité, dans le cadre du congrès tenu à Rome ces derniers jours. Insistant sur le «besoin d’une forte collégialité unie», il a précisé l’importance, en même temps, «d’une forte primauté du pape». «Affaiblir le primat pétrinien conduirait à l’affaiblissement de la collégialité, dans le sens où Jean Paul II a été le rempart de défense des évêques et des Eglises particulières», a-t-il expliqué en reconnaissant que «ces 25 dernières années, le pape a fait comprendre la juste valeur de cette collégialité».
Le thème du rôle du souverain pontife devrait être analysé par des théologiens catholiques et orthodoxes, du 21 au 24 mai prochain au Vatican. Les participants s’attacheront particulièrement aux fondements bibliques et historiques de la primauté, afin d’étudier les différentes applications du ministère pétrinien au cours des deux derniers millénaires. Cette rencontre sera la première du genre organisée officiellement au Vatican et a pour objectif d’étudier une nouvelle manière d’appliquer la primauté dans le contexte ecclésial et social actuel. BB
Encadré
L’Italie célèbre le jubilé du pape polonais
L’Italie s’apprête à montrer son attachement à Jean Paul II, premier pape étranger à avoir été élu en 1978 évêque de Rome après plus de 500 ans. 25 ans après, non seulement les diocèses catholiques italiens rendent hommage à ce pape, mais aussi le gouvernement.
Ainsi, le ministère des Affaires étrangères a organisé une série de voyages à l’étranger de journalistes et hommes politiques ayant approché le pape ces 25 dernières années, dans les principales capitales du monde entier, pour se faire le «porte-parole» de Jean Paul II. Plus ou moins appréciée dans le monde politique – certains accusent le gouvernement de vouloir se racheter après l’échec irakien -, cette initiative a débuté le 11 mai à Cracovie en Pologne et se terminera le 16 octobre prochain à Rome.
Autre signe de reconnaissance, la publication d’un recueil de témoignages de quelque 300 grands juristes non seulement italiens mais aussi du monde entier, à l’automne. Des présidents de cours constitutionnelles – ceux d’Italie, d’Allemagne ou encore d’Autriche, par exemple -, des personnalités du monde juridique, comme Joël-Benoît d’Onorio, président de l’Union internationale des juristes catholiques, le juif J.H.H. Weiler, professeur à la faculté de droit de New York, ou encore Janne Haaland Matlary, Norvégienne, professeur de droit international à l’Université d’Oslo et consulteur au Conseil pontifical pour la famille, témoigneront du rôle de Jean Paul II dans leur domaine. Des juristes protestants, orthodoxes et musulmans sont également dans la liste de ceux qui ont voulu rendre hommage au souverain pontife. (apic/imedia/bb)




