Les évêques rejettent sa proposition de démission
Tchéquie: Polémique sur le secrétaire de la Conférence épiscopale, collaborateur de la StB
Prague, 7 mai 2003 (Apic) Un représentant catholique tchèque, dont le nom figurait sur une liste de collaborateurs de la police secrète sous le régime communiste, est maintenu dans ses fonctions. La Conférence épiscopale catholique de la Tchéquie a en effet rejeté la proposition de démission de son secrétaire général, Karel Simandl.
«Karel Simandl est un collaborateur loyal et précieux, dont l’histoire a été sans faute depuis la chute du communisme», a souligné Lawrence Cada, porte-parole de la Conférence épiscopale.
Selon Lawrence Cada, les évêques ont précisé que même si Karel Simandl avait admis avoir collaboré avec la police secrète, ils lui ont demandé de rester à son poste, «étant donné ses services passés et le fait qu’il avait refusé de continuer à collaborer après son erreur initiale».
Les commentaires du porte-parole de la Conférence épiscopale faisaient suite à une déclaration publiée par celle-ci à la fin avril, indiquant que Karel Simandl avait proposé de démissionner après la parution de son nom sur une liste de 75’000 informateurs de l’ancienne Statni Bezpecnosti (StB) ou police de sécurité de l’Etat.
La déclaration des évêques rappelle que Karel Simandl avait été approché alors qu’il avait 15 ans par la StB après s’être vu refuser l’admission dans un séminaire catholique romain, sur ordre de l’Etat. Selon les évêques du pays, la StB lui a offert l’occasion d’aller à l’étranger faire ses études s’il acceptait de collaborer.
Grosses pointures
La liste des informateurs publiée par le Ministère de l’intérieur comprenait les noms d’un grand industriel, d’acteurs, de chanteurs et de politiciens connus, ainsi qu’un certain nombre de prêtres catholiques. Cette liste a été diffusée après une loi de 2002 concernant l’accès aux archives de la StB.
Selon des informations publiées en 1993 dans l’hebdomadaire Respekt, environ 10% des prêtres catholiques dans l’ancienne Tchécoslovaquie auraient collaboré avec la StB. Dans une lettre pastorale de 1992, la Conférence des évêques avait lancé un appel «au pardon et à la réconciliation» concernant cette question, après la suspension ou le transfert dans des paroisses lointaines d’anciens collaborateurs. (apic/eni/pr)




