Rome: «La Civiltà Cattolica» réaffirme l’illégalité de la guerre contre l’Irak
Et prône le rétablissement de la légalité internationale
Rome, 15 mai 2003 (Apic) La guerre en Irak n’était pas légitime, réaffirme «La Civiltà Cattolica», la revue des jésuites italiens. Qui accuse les pays occidentaux de ne trouver dans la reconstruction du pays qu’un intérêt pétrolier. La revue appelle à «l’urgence» du rétablissement de la légalité internationale, en particulier en soignant «la victime la plus illustre de la guerre irakienne, l’ONU, et sans oublier l’Europe».
Dans un nouvel éditorial à paraître le 17 mai 2003, le bi-mensuel des jésuites italiens – relu et corrigé par la secrétairerie d’Etat du Vatican -, affirme que la dernière guerre en Irak n’était pas légitime. Après être intervenue à de nombreuses reprises pour dénoncer la position américaine durant le conflit, la revue accuse à présent les pays impliqués dans la reconstruction du pays de n’être intéressés que par le pétrole irakien.
Constatant que «la Garde Républicaine de Saddam Hussein n’a pas opposé la résistance à laquelle on s’attendait» et qu’»aucune arme de destruction de masse n’a été trouvée», «La Civiltà Cattolica» en tire la conclusion «claire qu’il n’y avait pas de motifs suffisants pour aller en guerre contre l’Irak, ce pays ne constituant pas un véritable danger pour les Etats-Unis et leurs alliés».
A l’heure de la reconstruction économique, sociale et administrative du pays, les jésuites italiens – dont les articles sont approuvés après corrections par le Saint-Siège – ne sont pas satisfaits, malgré la fin des combats. Selon eux, les pays occidentaux «qui devraient la réaliser semblent surtout intéressés à exploiter le pétrole irakien et très peu à la reconstruction du pays». Celle-ci, affirment-ils, «apparaît très aléatoire». C’est ce qui les conduit à reconnaître qu’avec la fin de la guerre, «la paix n’est pas encore là».
La faute aux Etats-Unis
La revue précise notamment qu’avec la guerre irakienne, «l’ancien ordre mondial a été réduit en morceaux»;. En invoquant le principe de guerre préventive, explique-t-elle, les Etats-Unis ont mis en crise le droit international. C’est pourquoi elle appelle à «l’urgence du rétablissement de la légalité internationale», en particulier en soignant «la victime la plus illustre de la guerre irakienne, l’ONU, et sans oublier l’Europe».
En même temps, «La Civiltà Cattolica» précise «l’évidence du fait que les Etats-Unis ne peuvent pas constituer un gouvernement irakien qui soit sous leur contrôle politique, en raison de leurs implications dans le conflit, considéré par le monde musulman comme une attaque contre l’islam». Toutefois, reconnaît-elle, «ils devront s’engager dans les prochains mois à aider les Irakiens à trouver un accord».
Avec le Saint-Siège
Le Saint-Siège a lui-même fait part de son désir de participer à la reconstruction de l’Irak, le 10 avril dernier. Dans un communiqué de la secrétairerie d’Etat, il proposait son aide pour le soutien humanitaire, tout en invitant la communauté internationale à relever le défi de la paix au Proche Orient.
Quant aux évêques et patriarches chrétiens d’Irak, ils ont récemment insisté pour que la nouvelle Constitution irakienne reconnaisse la liberté religieuse et l’égalité civile de tous les Irakiens. Dans un message publié le 29 avril dernier, ils ont manifesté le désir de voir le peuple irakien tout entier, sans distinction religieuse ou ethnique, vivre dans la liberté, la justice et le respect de la coexistence interreligieuse et multiethnique. (apic/imedia/pr)




