Le Hca appelle à la censure pour préserver l’unité du pays

Sénégal: Flambée de discours fondamentalistes religieux sur les radios FM

Dakar, 25 mai 2003 (Apic) Le Haut Conseil de l’Audiovisuel (Hca) du Sénégal a lancé un appel pressant contre les dérives religieuses dans l’audiovisuel. A l’issue d’un séminaire sur «religions et médias au Sénégal : le discours religieux et la régulation», il a estimé que la «régulation et la censure» sont devenues indispensables pour la laïcité du pays.

Créé il y a plus de dix ans, le Hca est chargé de veiller sur les contenus des émissions diffusées par la multitude de radios et la télévision nationale au Sénégal.

Les prédicateurs, composés pour l’essentiel d’intellectuels formés dans des écoles de théologie des pays arabes du Golfe, sont accusés d’intolérance religieuse. A longueur de journée, ils prononcent des discours fondamentalistes qui excluent souvent toute tolérance envers d’autres religions. Les fanatiques de la confrérie mouride, dont fait partie le président Abdoulaye Wade, sont également montrés du doigt, eux qui déclarent sur les ondes que le Sénégal est une propriété mouride et que seule leur confrérie droit de citer. Des propos dangereux pour l’équilibre religieux et la stabilité socio-culturelle du pays, estime le Hca. L’année dernière, un dignitaire de la confrèrie a même réclamé l’instauration d’un état mouride au Sénégal.

Selon le quotidien «L’Info 7» du 22 mai 2003, les émissions religieuses diffusées par les radios ont fait éclater au grand jour la fracture entre les deux grandes confréries musulmanes au Sénégal. Il s’agit de celles des tidjanes (plus nombreuse) et des mourides (plus puissante). Or, de tous temps, les différentes religions et confréries musulmanes ont toujours cohabité pacifiquement dans le pays.

Mise en péril de l’unité nationale

En matière de religion, la constitution sénégalaise garantit la liberté de conscience et la pratique libre de la religion, sous réserve, toutefois, de respecter l’ordre public. On dénombre dans le pays, de nombreuses stations de radio privées (confessionnelles et généralistes). Cette prolifération a pour conséquences, une fracture confrérique et une discorde sans précédent qui mettent en péril l’unité nationale. Certains des propos contenus dans leurs programmes sont islamistes, intégristes et fondamentalistes. D’autres montent une confrérie contre l’autre. Dans leur ensemble, ils constituent une menace pour la Constitution, a déploré Aminata Faye Kassé, présidente du Conseil des Femmes du Sénégal.

L’abbé Jean Charles Thiombane, l’un des représentant de l’Eglise catholique au séminaire, s’est insurgé contre le discours d’endoctrinement qu’il a qualifié de bavardage. Il a demandé aux musulmans de faire preuve de «plus de tolérance et d’ouverture».

Le séminaire a rassemblé les professionnels des médias, la société civile, les syndicats, les personnalités religieuses et l’Etat, entre autres. Il a suscité un débat collectif autour des dérives religieuses qui menacent le pays. (apic/ibc/bb)

25 mai 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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