Rupture entre l’Eglise et le monde des médias

Autriche: Mauvaise note pour l’Eglise autrichienne en matière de communication

Vienne, 28 mai 2003 (Apic) Mauvaise note pour l’Eglise autrichienne en matière de communication. Tel est le résultat d’une thèse de doctorat de la journaliste et théologienne Gabriele Russ, de Graz. Elle note une dangereuse rupture entre l’Eglise et le monde des médias, ce qui signifie une rupture entre l’Eglise et la vie des hommes de ce temps.

Gabriele Russ, qui a interrogé pour sa thèse intitulée «L’Eglise des journalistes» un certain nombre de représentants de divers médias qui écrivent régulièrement sur l’Eglise, souligne que les responsables ecclésiaux de haut rang se réfugient trop souvent dans une sorte de «stratégie du silence» en refusant de parler publiquement. Les services de presse de l’Eglise, à ses yeux, donnent l’impression d’être des «bureaux de défense contre la presse» et tout cela montre que le flux de l’information est gravement perturbé.

L’ancienne journaliste de la rédaction de Styrie de l’agence de presse autrichienne APA, qui enseigne maintenant le journalisme et la communication d’entreprise au Joanneum de Graz, a présenté sa thèse de doctorat à l’Institut de théologie pastorale de l’Université de Graz.

Les journalistes interrogés par Gabriele Russ se sentent liés à l’Eglise à un degré supérieur à la moyenne: 96% d’entre eux sont des croyants socialisés ecclésialement, et même 20% d’entre eux ont étudié la théologie. Ces journalistes experts subissent une double pression: dans leur rédaction, en raison de leur engagement, ils récoltent souvent les quolibets de leurs collègues, tandis que du côté de l’Eglise, ils n’ont pas souvent droit à des remerciements.

Les journalistes: des «boucs émissaires pour la mauvaise image de l’Eglise»

Bien au contraire, ils sont souvent les boucs émissaires de la part de l’Eglise, accusés d’être responsables de sa mauvaise image. Ils entendent souvent la phrase rituelle: «Vous n’écrivez jamais sur ce qui va bien, seulement sur les scandales!». Les journalistes interrogés par leur collègue théologienne remarquent aussi que de nombreux responsables d’Eglise évitent par peur la communication médiatique. Gabriele Russ qualifie de «particulièrement alarmant» le fait que 100% des journalistes chargés de l’information religieuse interrogés disent que l’Eglise a des «problèmes de communication» et que 80% d’entre eux estiment que la rupture entre l’Eglise et le monde des médias signifie également une rupture entre l’Eglise et le monde des hommes de ce temps. (apic/kap/be)

29 mai 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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