L’or noir, première cause du conflit au Soudan
Soudan: Mgr Mazzolari demande le soutien de l’UE contre la guerre du pétrole
Strasbourg, 27 juin 2003 (Apic) Mgr Cesare Mazzolari, évêque de Rumbek dans le sud du Soudan, lance un appel à l’Union Européenne afin qu’elle intervienne pour mettre fin au conflit en cours entre le nord musulman et le sud animiste. L’affrontement est causé par la présence du pétrole dans la région méridionale du pays africain.
«Le pétrole – explique l’évêque – est devenu la cause principale de la guerre, et la gestion des gains dérivant de sa vente est une situation à résoudre au plus vite. Jusqu’à maintenant il n’y a eu aucun partage de la part du gouvernement de Khartoum: nous, dans le sud, nous ne recevons même pas le bénéfice produit par une seule goutte de pétrole», déplore l’évêque combonien, dont les propos sont repris par l’agence d’information religieuse «Vidimus Dominum». «Tout au plus, l’exécutif serait disposé à donner au sud du Soudan 10% du pétrole brut. Or, cette proportion est vraiment trop restreinte, vu que tous les grands puits et gisements de pétrole sont situés dans la partie méridionale du pays. Les autorités ont chassé les habitants de ces zones et continuent de le faire. Ils ne donnent aucun emploi à nos gens du sud, et ils ne leur enseignent aucunement comment extraire ce pétrole».
Le prélat estime que l’Union Européenne peut jouer un rôle important. «Tout d’abord, elle peut faire connaître aux gens notre situation. Mais nous voudrions surtout qu’elle fasse l’arbitre, afin que les engagements pris aux termes de l’accord de Machakos, au Kenya, soient exécutés».
Pour Mgr Mazzolari, il serait utile qu’un contrôle soit exercé sur les décisions fondamentales: le partage du pouvoir, de la richesse, des territoires. Autrement, les pactes signés jusqu’à ce jour resteraient lettre morte. De l’Europe – mais aussi des Etats-Unis – nous attendons, en somme, ce travail vigoureux de participation au «suivi», au contrôle des développements des décisions prises. (apic/vd/bb)




