L’archevêque de Monrovia appelle à une intervention américaine
Libéria: Plus 300 morts en quatre jours de combats pour le contrôle de la capitale
Monrovia, 29 juin 2003 (Apic) Plus de trois cents civils ont été tués du 24 au 27 juin dans les combats entre rebelles et soldats gouvernementaux pour le contrôle de la ville de Monrovia, a annoncé le ministre libérien de la santé. L’archevêque de Monrovia, Mgr Michael Francis, a appelé à une intervention américaine, déplorant le silence de la communauté internationale.
Les hôpitaux de la capitale sont submergés de personnes blessées par balles, dont de nombreux enfants. Le Comité Internationale de la Croix- Rouge (CICR) a enregistré trois cents blessés à l’hôpital Kennedy de Monrovia. Médecin Sans Fronitère (MSF) a aussi soigné plus de 170 personnes. Beaucoup d’autres blessés dans les zones de combats, n’ont pas accès aux structures sanitaires, a déclaré à la BBC Alain Kassa, représentant local de MSF. Ce sont essentiellement des femmes et des enfants, a-t-il précisé.
La situation est critique à Monrovia, théâtre depuis trois jours de violents combats. Selon les organisations humanitaires citées par la presse, l’épidémie de choléra fait chaque jour de nouvelles victimes. Les troubles ont provoqué le déplacement d’au moins 250’000 habitants. «C’est très difficile de calculer le nombre de personnes déplacées, car ce sont des quartiers entiers qui partent vers le centre et l’extérieur de la ville de Monrovia», a ajouté Alain Kassa.
Le Libéria, pays anglophone d’Afrique de l’Ouest fondé au 19e siècle par des esclaves noirs américains affranchis, fait face depuis au moins cinq ans à une violente guerre civile qui s’est aggravée depuis deux mois. Les combats opposent les forces armées gouvernementales à deux factions rebelles: les Libériens Unis pour la Réconciliation et la Démocratie (Lurd) et le Mouvement pour la Démocratie au Libéria (Model). Ces groupes armés réclament le départ du président Charles Taylor, celui-là même qui a déclenché la guerre civile dans le pays en novembre 1989.
C’est le devoir moral des Etats-Unis d’intervenir
Les Etats-Unis, ancienne puissance coloniale, ont apporté leur soutien à la revendication des groupes rebelles. Le président Georges W. Bush a invité jeudi le président Taylor à quitter le pouvoir pour éviter au pays un bain de sang. La semaine dernière, l’archevêque de Monrovia, Mgr Michael Francis (68 ans) avait appelé les Etats-Unis à intervenir dans le règlement de la crise. «C’est leur devoir moral», a-t-il affirmé à des journalistes de l’AFP et de Radio France Internationale.
«Personne ne se mobilise pour le Libéria: les Britanniques sont intervenus en Sierra Leone et les Français l’ont fait en Côte-d’Ivoire, mais la communauté internationale nous a abandonné alors que le Libéria a vraiment besoin d’une intervention internationale», a ajouté le prélat. Il a estimé que 500 soldats américains suffiraient pour y ramener la paix.
Se prononçant sur les conditions d’arrêt des hostilités que le Lurd et le Model ont lié au départ du président Taylor, il a souligné que «une seule personne ne peut pas être le problème de tout un pays». Selon le prélat, même si les rebelles prenaient Monrovia, cela ne résoudrait pas le problème. Pire: «Ca ne ferait que créer davantage de chaos». «La solution est dans la mise en place d’un cessez-le- feu inconditionnel et immédiat», a ajouté Mgr Michael Francis, qui est président du Conseil Inter-Religieux du Libéria, lequel a joué un rôle important de rapprochement entre le pouvoir et les rebelles. (apic/ibc/bb)




