Ecosystème bouleversé ou humeurs du temps?

Suisse: La revue Bethléem revient sur les chaleurs du mois de juin

Fribourg, 30 juin 2003 (Apic) La revue Bethléem se penche sur le climat. La canicule du mois de juin l’inspire dans son dossier de juillet. Sous le titre «les humeurs du temps», le magazine des missionnaires de Bethléem revient sur «les épouvantables chaleurs du mois de juin» en Suisse. Il y est également question de la situation climatique en Asie, en Afrique subsaharienne et en Amérique latine.

La revue Bethléem a requis l’avis de plusieurs scientifiques pour rappeler à ses lecteurs que «le temps est dérangé». Sur le sujet, les avis des scientifiques ne sont pas unanimes.

La climatologue Martine Rebetez affirme que le réchauffement des régions alpines oscillera entre 3 et 5° C au cours du XXIe siècle. Cela entraînera à son avis, des conséquences sur la flore et la faune ainsi que sur la neige et la pluie. La catastrophe provoquée par l’ouragan Lothar et les destructions de l’eau à Brigue et à Gondo, dans le valais suisse, sont, selon elle, les signes avant-coureurs d’autres catastrophes.

Quant à Philippe Roch, directeur de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage, il est lui aussi d’avis que les changements sont durables et qu’il faut prendre des mesures pour en limiter les dégâts. Il présente dans l’interview accordée à la revue, les nombreuses mesures déjà prises et les résultats obtenus en vue de préparer à la Suisse de meilleurs lendemains climatologiques. «Lutter contre les changements climatiques, c’est contribuer à léguer à nos enfants un monde habitable «, dit-il en substance.

Dans son reportage sur la situation en Inde, Dierk Jensen parle pour sa part d’une évolution dramatique dans une vingtaine d’années si les quantités d’aérosol et de CO2 continuent à augmenter dans l’atmosphère. Il affirme que la sécheresse de l’an dernier dans plusieurs Etats indiens a été la plus grave depuis un siècle et que les premières pluies de la mousson ont eu trois semaines de retard dans d’autres régions.

Wolfgang Grabs, de l’Organisation météorologique mondiale, est plus circonspect dans ses informations sur la situation au Bangladesh: «Certains indicateurs et certaines tendances laissent penser que les inondations au Bangladesh sont liées aux changements climatiques, mais affirmer à l’heure actuelle qu’il y a un lien direct entre eux est de la pure spéculation «, argue-t-il.

Dans le reportage consacré au Sahel (du Sénégal au Soudan), on se veut plus rassurant. Les affirmations extrêmement alarmistes des années septante et quatre-vingts ne se sont pas confirmées et le Sahel peut refleurir si l’homme le veut, assure-t-on. Il y est également question de 25’000 hectares de terre rendus à l’exploitation au Niger et du reboisement en progression au Burkina Faso.

Selon l’auteur du reportage, l’une des principales mesures pour ralentir et enrayer les changements climatiques est le maintien de la forêt tropicale. «C’est ce que fait avec beaucoup de courage», la population du Chocó, en Colombie. (apic/com/jv)

30 juin 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!