A condition de la redistribuer et de la partager

Afrique: La manne de l’industrie pétrolière pourrait combler une grande partie de la pauvreté

New York, 6 juillet 2003 (Apic) Si les revenus de l’industrie pétrolière ne sont pas partagés et distribués équitablement dans la société, l’Afrique restera gangrenée par la pauvreté. Le constat n’est pas nouveau. Il a le mérite de mettre les points sur les «i». Il émane d’une étude publiée par «Catholic Relief Services», une agence catholique romaine d’aide et de développement, basée aux Etats-Unis,

Ce rapport intitulé «Bottom of the Barrel: Africa’s Oil Boom and the Poor», souligne qu’avec le «boom pétrolier» en Afrique sub-saharienne, les gouvernements de la région devraient recevoir plus de 200 milliards de dollars en revenus pétroliers les dix prochaines années.

Des mesures doivent être prises pour supprimer ce que l’étude, publiée le 17 juin, appelle «le fléau de la pauvreté» lié à la situation pétrolière à travers le monde. Les revenus du pétrole ont le potentiel, confirme Ian Gary, co-auteur de ce rapport, d’amener les gouvernements à «améliorer fortement la vie des gens en investissant dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’eau, des routes et autres secteurs vitaux».

Or, déplore Ian Gary, cela n’a pas souvent été le cas. «Les pétrodollars qui pourraient servir à réduire la pauvreté l’on en fait aggravée, en de nombreux cas. Souvent les pays exportateurs de pétrole sont minés par la corruption et même par la guerre civile.

Des pays exportateurs de longue date comme le Nigeria, l’Angola, le Congo- Brazzaville, le Cameroun et le Gabon, ajoute le rapport, «ont été largement incapables d’exploiter leur richesse en pétrole pour réduire la pauvreté».

Pourtant, fait observer le rapport, «des résultats négatifs du boom pétrolier ne sont pas inévitables». L’agence catholique appelle les gouvernements et les compagnies pétrolières à être plus «transparents» et ouverts concernant leurs revenus pétroliers. Le rapport demande que les gouvernements révèlent les revenus qu’ils reçoivent des compagnies pétrolières, ce qui est rarement fait aujourd’hui.

Manque de transparence, pour ne pas dire plus

«Aujourd’hui, le secret entoure tellement les tractations entre les Etats producteurs et les compagnies pétrolières étrangères qu’il est difficile de savoir comment l’argent est utilisé et qui en profite», souligne le directeur de «Catholic Relief Services», Ken Hackett, dans un article publié dans le journal «Houston Chronicle». «Dévoiler la piste que suit l’argent est un pas important qui donnera des pouvoirs aux associations de citoyens.»

«Catholic Relief Services» et d’autres organisations d’aide et de développement catholiques romaines américaines et européennes sont membres de la Campagne «Publish What You Pay» (Publiez ce que vous payez) demandant que les compagnies pétrolières révèlent publiquement les paiements qu’elles font aux gouvernements.

Le rapport note aussi que le Etats-Unis importent déjà 17% de leur pétrole de l’Afrique sub-saharienne et devraient en importer presque un quart à partir de la région d’ici dix ans. (apic/eni/pr)

6 juillet 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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