Grande tristesse chez les gays anglicans et leurs amis

Angleterre: Jeffrey John refuse sa nomination pour ne pas nuire à l’unité de l’Eglise

Londres, 7 juin 2003 (Apic) Le chanoine anglican Jeffrey John, un homosexuel déclaré, a refusé le 6 juillet sa nomination à la tête du diocèse anglais de Reading, pour «ne pas nuire à l’unité de l’Eglise». Richard Harries, évêque d’Oxford, a accepté la décision de Jeffrey John «avec une grande tristesse» et s’est déclaré «conscient de l’immense pression» qu’a subie le chanoine.

Plusieurs prélats anglicans, notamment Peter Ankinola primat du Nigeria, avaient menacé de provoquer un schisme si un homosexuel venait à être consacré évêque.

L’archevêque de Cantorbéry, favorable à la candidature de Jeffrey John, a assuré que les homosexuels restaient «les bienvenus dans l’Eglise», malgré la fronde homophobe de ces dernières semaines, dans les rangs des conservateurs et même parmi certains «modérés» de la communion anglicane mondiale. Le primat anglican a cependant précisé qu’il «n’aurait pas été acceptable de voir l’Eglise se séparer».

Des conservateurs heureux, des gays inquiets

Joel Edwards, de l’Alliance évangélique, a salué la décision du chanoine John qui «en définitive va dans l’intérêt de l’Eglise», estime-t- il. Peter Tatchel, un défenseur des droits des homosexuels, craint par contre que cette situation donne aux «anti-gays» plus de poids dans «leur campagne contre les personnes homosexuelles dans l’Eglise».

George Carey dément toute sympathie pour les gays

L’ancien archevêque de Cantorbéry, George Carey, s’est défendu d’avoir ordonné en connaissance de cause des évêques homosexuels dans les années nonante. Il a ainsi tenu à rectifier l’annonce faite par le «Sunday Times» du 6 juillet selon laquelle il aurait délibérément consacré des gays.

L’ancien primat a précisé qu’il avait certes consacré deux évêques qu’il «soupçonnait de tendances homosexuelles, mais qui n’avaient jamais été actifs». George Carey a clamé haut et fort son attachement à la tradition déclarant «qu’il n’existe que deux façons de vivre: le célibat ou le mariage hétérosexuel». Jeffrey John, qui avait reconnu avoir vécu durant de longues années une relation avec un homme, assure vivre aujourd’hui dans le célibat. (apic/bbc/guardian/sh)

7 juillet 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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