Fribourg: Après l’analyse, le Colloque européen des paroisses passe à la phase de l’action
«La paroisse doit se spécialiser comme généraliste»
Fribourg, 9 juillet 2003 (Apic) Les 240 participants au Colloque européen des paroisses, qui se déroule du 6 au 10 juillet à l’Université de Fribourg, se sont mis mercredi à l’écoute du professeur Marc Donzé, curé de la paroisse voisine de St-Pierre. L’expert local a porté un regard réaliste sur les perspectives de la paroisse. Son avenir se trouve dans le regroupement en unités pastorales et dans sa spécialisation comme «généraliste» pour laisser leur place aux mouvements et services régionaux.
«Si l’agir doit être inventif, les réflexions doivent demeurer concrètes», a lancé l’abbé Donzé, ancien professeur de théologie pastorale à l’Université de Fribourg reconverti depuis cinq ans en curé de paroisse. L’expert local du colloque (»régional de l’étape», selon sa définition), a lancé une série de réflexions sur l’avenir de la paroisse qui rencontré l’adhésion de son auditoire.
«La paroisse embrasse tout le peule de son territoire, avec toutes ses polarités: jeunes et vieux, classes sociales différentes, pratiquants et indifférents», a constaté Marc Donzé, insistant sur la notion de «lieu» (de rencontre, d’information, de célébration, .) et de «lien» communautaire pour qui la fréquente. Et d’inviter les agents pastoraux, prêtres et laïcs, à «s’enthousiasmer de l’ordinaire». «S’occuper de la naissance et de la mort, des premiers pas de la foi des enfants, des malades, de choses si proches des événements les plus marquants de la vie, n’est-ce pas intéressant, enthousiasmant?», a lancé le conférencier.
L’unité de base s’agrandit toujours plus
Mais l’unité territoriale de base s’agrandit toujours plus. La paroisse, en raison de la raréfaction des ministres prêtres et laïcs, mais aussi à cause de l’amaigrissement des communautés, est devenue trop petite pour demeurer viable. Au lieu de subir ce changement, comme cela est souvent le cas, les paroissiens sont appelés à saisir cette chance pour miser sur la collaboration au niveau régional ou même cantonal. «Jusqu’à présent, la paroisse se considérait souvent comme un mini-diocèse. Elle était censée totaliser l’action pastorale. Aujourd’hui et demain, ce n’est plus ainsi», soutient Marc Donzé. Des trois pôles cités par le conférencier: la pastorale territoriale, la pastorale catégorielle aumôneries, services cantonaux, .) et les mouvements, seul le premier revient à la paroisse. Celle-ci est appelée «à se spécialiser comme généraliste», a lancé le conférencier.
Partage des responsabilités entre prêtes et laïcs
Le regroupement inéluctable vers des unités pastorales plus vastes va de pair avec la création d’équipes d’animation pastorale. «Une évolution très heureuse», selon l’abbé Donzé, qui va engendrer «plus d’intelligence, plus d’imagination, plus de force, même si cela peut revêtir une certaine lourdeur». «Un exercice significatif de co-responsabilité», commente-t-il. Alors que la charge d’une paroisse ne revenait autrefois qu’au prêtre, le droit canonique prévoit de la confier également à des laïcs.
Marc Donzé a enfin conseillé aux participants du colloque d’établir un cahier des charges paroissiales, en tenant compte d’une part des services rendus par d’autres instances (diaconie, pastorale des jeunes, etc .) et en analysant ensuite les données socio-culturelles de sa région afin de les confronter aux priorités pastorales. (apic/bb)




