Rome: Le pape «hyperactif», loue les bienfaits et le besoin légitime des vacances

Une occasion pour «redonner de la force à la vie intérieure»

Rome, 10 juillet 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II vient de fuir la chaleur romaine pour sa résidence de Castelgandolfo, où il va séjourner pendant plus de deux mois. Il ne se rendra pas, cette année, dans les montagnes comme il avait pris l’habitude de le faire, mais devrait quand même pouvoir profiter de ces quelques semaines à la campagne pour se reposer. Lui-même a souvent loué les bienfaits des vacances.

Les vacances d’été ne doivent pas être «brûlées» dans la «dissipation» et «le simple divertissement», mais peuvent devenir «une occasion propice pour redonner de la force à la vie intérieure», a estimé le pape dimanche dernier, à l’issue de l’Angélus dominical. Alors que la plupart – parmi les plus favorisés – des Romains ont déjà quitté la chaleur insupportable et le bruit incessant de la Ville éternelle pour le calme et la douceur de la campagne italienne, le pape a tenu à mettre en garde les «vacanciers» contre ce qui pourrait «rendre difficile la sauvegarde de l’importante dimension culturelle».

Dès le début de son pontificat, le pape a souligné l’importance des vacances pour échapper quelques jours «aux rythmes accélérés de la vie». «Nous avons tous besoin de temps en temps, d’une période prolongée de repos tant du point de vue physique que psychologique et spirituel», avait-il dit le 9 septembre 1992, alors qu’il était dans sa résidence d’été de Castelgandolfo – où il y passe deux mois chaque année depuis son arrivée sur le siège de Pierre. Il n’avait pas alors hésité à parler de «besoin légitime, et même de droit».

Conscient de la difficulté, dans le monde actuel, «à trouver un espace pour le silence et la prière», Jean Paul II profite, quasiment chaque année depuis le début de son pontificat, de l’entrée en vacances de millions de personnes pour les exhorter à vivre cette période de manière intelligente. Lui-même amoureux fou de la montagne et des grandes randonnées, il a décidé, dès l’été 1987, de partir chaque année pendant deux semaines dans «ses» montagnes du nord de l’Italie, avec comme seuls bagages, quelques livres et son chapelet, le travail étant laissé de côté pendant cette période. Il a tenu à respecter fidèlement cette décision en y retournant chaque été, ne renonçant à cette période de repos strict qu’en cas d’impossibilité majeure. Ce fut le cas ces deux dernières années en raison de sa santé.

Jean Paul II insiste en outre chaque été sur l’importance, pour les jeunes, de savoir profiter du temps des vacances pour vivre d’utiles activités sociales et religieuses. Il les a souvent invités à partager une partie de leur temps de vacances avec les personnes âgées, les malades, les prisonniers et ceux qui sentent encore plus le poids de la solitude durant la période estivale. A ces personnes dont il se sent particulièrement proche de par sa condition, le pape souhaite que ce moment de joie pour certains puisse être, pour eux aussi et avec l’aide des «vacanciers», un temps de repos serein.

Conscient des faiblesses de l’homme et des conditionnements de la société de consommation, Jean Paul II apparaît particulièrement préoccupé de la manière dont les jeunes passent leurs vacances. Selon lui, celles-ci doivent être pour eux «une évasion saine, évitant les transgressions nocives à leur santé et à celle des autres». Pour le pape, «s’évader peut être utile mais seulement si l’on ne s’éloigne pas des sains critères moraux et aussi tout simplement du devoir de respect envers sa propre santé. C’est pourquoi il va même jusqu’à conseiller à ceux qui habitent dans les villes «de s’immerger pour quelques temps dans la nature». Le pape «hyperactif», trouve sa force et son inspiration non seulement dans la prière mais aussi dans ces temps de repos et de désert aménagés avec réalisme. (apic/imedia/pr)

10 juillet 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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