Une Chine désormais plus ouverte aux pèlerinages?
Hong Kong: Les pèlerinages de chrétiens en Chine plus faciles
Hong Kong, 18 juillet 2003 (Apic) Les pèlerinages de chrétiens de Hong Kong à destination de la Chine deviennent plus aisés à organiser, même si le contrôle des autorités chinoises reste important. Selon les agences de voyage spécialisées dans l’organisation de ce type de déplacement, le facteur conjoncturel explique l’augmentation du nombre des pèlerinages ces dernières années.
Pour une représentante de l’une de ces agences, la crise économique qui sévit à Hong Kong depuis 1997 a incité les Hongkongais à partir moins loin, abandonnant les destinations européennes pour la province voisine du Guangdong et l’est de la Chine, moins chères. Cependant, estime-t-elle encore, au-delà de cette explication ponctuelle, on peut noter que l’Eglise catholique en Chine est devenue «plus ouverte» aux pèlerinages organisés.
Le cadre général de ces pèlerinages reste toutefois le même qu’il y a quelques années, c’est-à-dire que les organisateurs hongkongais ou représentants des Chinois d’outre-mer doivent toujours demander par avance l’autorisation, au niveau local, du Bureau des Affaires religieuses, pour visiter tel ou tel lieu. Dans le dossier à remplir, indique «Eglises d’Asie», doivent être précisés en détail les lieux visités, les personnes à rencontrer et les motifs du pèlerinage. La présence éventuelle de prêtres dans le groupe doit être signalée et ces derniers doivent déposer une demande d’autorisation pour célébrer la messe dans les églises visitées.
Question de nuances
Pour Roger Lee Chun-tik, propriétaire de l’agence Pilgrim International Ltd., l’expérience a prouvé, encore récemment à l’occasion de pèlerinages à Shenzhen et dans la province du Guangdong, qu’il était préférable de demander au clergé de Chine de célébrer les offices pour les pèlerins hongkongais plutôt que de demander à un prêtre de Hong Kong de se joindre au groupe. De plus, Roger Lee n’utilise plus le terme «pèlerinage» dans les dossiers qu’il dépose mais a recours à une formulation plus neutre: «Sans cela, les autorités ne nous laissent pas entrer».
Cependant, une fois respectées ces conventions d’usage, Roger Lee estime que l’Association patriotique des catholiques chinois accepte plus facilement ces voyages organisés. «Localement, les responsables de l’Association patriotique veulent même organiser des voyages de laïcs du continent à Hongkong, pour y visiter les paroisses catholiques».
Deux freins
Deux événements ont toutefois ralenti l’augmentation du nombre des pèlerinages de catholiques hongkongais en Chine ces derniers temps. Le premier est consécutif aux tensions entre le Saint-Siège et Pékin à la suite de la canonisation à Rome le 1er octobre 2000 de 120 martyrs de l’Eglise de Chine. Une responsable de voyage à Hong Kong relève que quatre des sept pèlerinages mis sur pied par son agence en 2001 ont été annulés. Les catholiques de Hong Kong prenant peur à la perspective de se rendre en Chine. Le second est lié à l’épidémie de pneumopathie atypique qui a entraîné l’annulation des six pèlerinages (200 personnes au total) organisés cette année par son agence. Elle reste cependant optimiste. Selon elle, les pèlerinages ne vont en effet pas tarder à recommencer. (apic/eda/pr)




