Le Haut commissaire pour la paix veut créer une commission

Colombie: Pas d’impunité pour les paramilitaires colombiens, assure Luis Carlos Restrepo

Bogota, 18 juillet 2003 (Apic) Il n’y aura plus de paramilitaires en Colombie à l’expiration naturelle du mandat du président Alvaro Uribe, en 2006, a estimé le Haut commissaire pour la paix en Colombie, Luis Carlos Restrepo, dans un entretien accordé au quotidien «El Tiempo».

A 48 heures de l’annonce d’une entente conclue entre le gouvernement de Bogotá et les AUC (Autodéfenses Unies de la Colombie) sur le désarmement de 10’000 hommes armés aux ordres de Carlos Castaño, le Haut commissaire pour la paix assure qu’il n’y aura pas d’impunité pour autant.

«Les premières démobilisations commenceront cette année», a expliqué Restrepo. «Nous comptons avancer avec la plus grande rapidité et terminer toute la procédure d’ici le 31 décembre 2005».

Les bénéfices qui dériveront du procès de paix «sont évidents», a-t-il ajouté. «L’état colombien gagnera en légitimité, la situation des droits de l’homme sera améliorée, la violence diminuera, nous éliminerons un acteur armé du conflit et la voie vers une négociation avec la guérilla sera débloquée ultérieurement».

En ce qui concerne les crimes perpétrés par les «paras», Restrepo a souligné qu’il «n’y aura pas d’impunité». Au sujet du projet de loi sur la concession de la liberté pour les auteurs de graves délits que le président Uribe compte présenter sous peu au Conseil, Restrepo a souligné que cela ne comportera pas l’exemption de la condamnation pour les coupables. «On leur offrira seulement une alternative en ce qui concerne la peine: les peines de détention en prison, pourraient être commuées en peines alternatives comme l’obligation d’effectuer des travaux d’utilité publique».

Débats publics

En ce qui concernant enfin la nécessité d’identifier les auteurs des massacres de civils, dont sont accusés les AUC, Restrepo a affirmé que sera créée une sorte de commission pour la vérité chargée de veiller au bon déroulement des procédures judiciaires contre les accusés. Les débats «pourront éventuellement être publics pour consentir à tous les citoyens d’intervenir et de fournir de nouvelles preuves».

Les AUC, composés d’éléments d’extrême droit le plus souvent, sont épaulées dans la plupart du temps par les forces armées régulières. Cette «guérilla», chargée d’assurer la protection et les intérêts des riches propriétaires colombiens et des multinationales pour lesquelles elles travaillent dans de nombreux cas, passe aussi pour effecteur sur le terrain les «opérations de nettoyage» que l’armée ne peut se permettre de faire au grand jour. (apic/misna/pr)

18 juillet 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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