Protestation de l’Eglise catholique

Gambie: Le voile islamique provoque une polémique nationale

Banjul, 21 juillet 2003 (APIC). Michael Cleary, archevêque de Banjul a écrit au président de la Gambie, Yaya Jammeh, pour protester contre un décret présidentiel autorisant sur le port du foulard islamique à l’école, dans pays à majorité musulmane. Cette disposition, jugée «blessante» selon le prélat, a été, de surcroît, prise sans la consultation du Conseil chrétien de Gambie (CCG).

Le CCG regroupe les Eglises catholique, anglicane et méthodiste. Le système éducatif gambien est secoué depuis deux mois par une affaire de port de foulard islamique à l’école.

Cité par l’Agence de Presse Panfricaine (Pana), Mgr Cleary a écrit dans sa correspondance au chef de l’Etat que «les chrétiens se sentent blessés et amers à cause du décret». Celui-ci autorise le voile islamique dans les écoles pour les élèves qui en font le choix. Il est mal perçu par les certains responsables d’écoles chrétiennes. Pour eux, il n’y a pas de compromis possible autour du code réglementant le port vestimentaire dans leurs établissements. La Gambie est encore marquée par la tradition scolaire britannique, très attachée au port de l’uniforme, compris comme un signe d’égalité sociale entre les élèves.

La responsable d’une école privée catholique, Catherine a démissionné le 15 juillet dernier à cause de ce qu’elle considère comme «une ingérence extérieure dans l’administration de l’école». Elle exerçait les fonctions de principal au lycée saint- Joseph de Banjul.

Le problème du port du voile islamique à l’école a éclatée en mai dernier, à la suite de l’expulsion d’élèves musulmans portant le hijab d’une école privée catholique de Banjul, la capitale. Un groupe d’élèves avait par la suite menacé de brûler l’établissement.

Pour mettre fin à cette querelle, le ministère gambien de l’éducation avait adressé en juin, une directive officielle aux responsables des écoles et universités du pays. Dans cette note il leur demande de permettre aux élèves musulmans de porter le voile islamique.

La note précise que tout accès aux écoles sera interdit aux filles qui porteraient des jupes longues ou des habits aux manches longues. «Tout étudiant (ou élève) qui tenterait de modifier l’uniforme (officiel) de l’école, que ce soit en allongeant la jupe, en portant des manches longues ou en ne portant pas l’écusson de l’école, devrait être renvoyé à la maison», précise la note ministérielle.

Elle poursuit : «il est demandé (aux établissements), dans un esprit de tolérance, de paix et d’harmonie (…), de ne pas renvoyer les filles portant le voile à l’école». «Le port du voile est permis dans toutes les écoles de Gambie accueillant des élèves musulmans, quel que soit le propriétaire de l’école», est-il encore précisé.

Les musulmans sont majoritaires dans ce pays anglophone de 1,5 million d’habitants environ. Ils sont estimés à près de 88% de la population, contre 10% de chrétiens et 2% d’animistes. (apic/ibc/sh)

21 juillet 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!