Papouasie: Un responsable d’Eglise veut faire avancer la cause de l’indépendance
L’aide internationale sollicitée avant une «timorisation» du pays
Wamena, 23 juillet 2003 (Apic) Un dirigeant d’Eglise et défenseur des droits de la personne dans la province indonésienne de la Papouasie en appelle à la médiation internationale pour régler la question du statut de son territoire où une lutte pour l’indépendance se déroule depuis 40 ans. Il évoque une «timorisation» possible de la Papouasie.
Selon Karel Phil Erari, coordinateur national du Forum national pour les droits de la personne et la réconciliation en Papouasie, les organisations qui militent en faveur des droits de l’homme et les Eglises entendent éviter une guerre civile sanglante comme celle qui a déchiré l’ancien territoire portugais du Timor oriental avant que le territoire ne devienne indépendant de l’Indonésie l’an dernier.
«Nous avons besoin de passer par un tiers pour régler cette question», a fait remarquer Karel Erari, de l’Eglise évangélique chrétienne en Irian Jaya, dans un entretien accordé à l’Agence oecuménique ENI.
Violences
Le 7 juillet, dans la ville de Wamena située dans les collines au centre de la Papouasie, la police a tué un homme et blessé plusieurs autres personnes qui essayaient de hisser le drapeau de l’étoile du matin, symbole de l’indépendance de la province de Papouasie, qui est interdit par la loi indonésienne.
Le gouvernement indonésien a exclu l’indépendance pour la Papouasie, mais a accordé un certain degré d’autonomie à la province dont la population est principalement composée de chrétiens et d’animistes, par opposition au reste de l’Indonésie, majoritairement musulman.
Des centaines de langues sont parlées en Papouasie, et le peuple comprend de nombreux groupes ethniques. Cependant, affirme Karel Erari, la province est différente du reste de l’Indonésie. «Nous sommes des Mélanésiens. Nous ne sommes ni Indonésiens, ni Malais, nous avons notre propre culture».
Actes d’intimidation
La province de Papouasie, gouvernée par l’Indonésie, est située à l’ouest de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, sur la deuxième plus grande île au monde après le Groenland par sa superficie, à environ 3’700 kilomètres de Jakarta, la capitale de l’Indonésie. Elle est passée sous contrôle indonésien en 1963, et son annexion a été ratifiée en 1969 par un référendum organisé avec l’aide des Nations Unies, marqué, selon de nombreux observateurs, par des actes d’intimidation.
Durant les années qui ont précédé le référendum, de nombreuses personnes considérées comme des rebelles séparatistes ont été tuées ou enlevées, «et on ne les a jamais revues», a rappelé Karel Erari. (apic/eni/pr)




