Le Conseil des Eglises mène une enquête
Zimbabwe: Programme d’entraînement militaire des jeunes
Harare, 25 juillet 2003 (Apic) Le Conseil des Eglises du Zimbabwe (ZCC) a annoncé qu’il allait enquêter sur le programme controversé d’entraînement militaire des jeunes mis en place par le gouvernement. Un programme par ailleurs déjà condamné par l’opposition et des groupes de défense de droits de la personne qui y voient un prétexte trouvé par le parti au pouvoir pour former des militants.
«Nous voulons savoir ce que ces jeunes apprennent», a déclaré le pasteur Sebastian Bakare, président du ZCC, cité dans le quotidien indépendant «Daily News». Le président du ZCC a annoncé la mise sur pied d’une commission chargée de conduire une recherche. Celle-ci devrait prochainement rencontrer Elliot Manyika, ministre de la Jeunesse, dont les bureaux supervisent le programme d’entraînement des jeunes.
Le ZCC représente les Eglises anglicane, méthodiste, luthérienne et indépendante.
Le programme de formation a été lancé il y a deux ans, ostensiblement pour inculquer un esprit de patriotisme et de nationalisme parmi les jeunes zimbabwéens. Selon ce programme, les jeunes qui quittent l’école ou abandonnent les études suivent une formation de trois mois comprenant un entraînement militaire de base, et reçoivent des cours sur des sujets comme l’histoire de la guerre de libération des années 70, le nationalisme et le patriotisme, les réformes agraires controversées et autres politiques du gouvernement et les relations internationales.
Les instructeurs sont issus de l’armée et de l’association des anciens combattants de la guerre de libération qui a conduit à l’indépendance de la Grande-Bretagne en 1980.
Formés aux abus
Les jeunes ayant reçu cette formation ont été accusés par les membres du parti d’opposition et les organisations de défense de droits d’être les auteurs de nombreux abus, notamment d’avoir commis des actes de tortures et enlevé des opposants au parti au pouvoir, l’Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique.
En février, la Conférence des évêques catholiques d’Afrique australe avait réclamé le démantèlement immédiat de ces groupes militants issus, soulignait-elle, des programmes d’entraînement de jeunes. Elle avait recommandé l’établissement d’une commission indépendante d’enquête sur les activités et abus qu’auraient commis ces militants. (apic/eni/pr)




