Délégation de Moscou présente
Pyongyang: Construction d’une église orthodoxe russe
Pyongyang, 27 juillet 2003 (Apic) Un archevêque orthodoxe russe a jeté les fondations de la première église orthodoxe russe à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord, en participant à sa consécration. Une construction qui se veut aux dires du patriarche russes Alexis II un rapprochement à un moment où le programme nucléaire de ce pays, communiste et isolé sur le plan international, provoque des tensions dans cette région de l’Asie.
«Les Coréens ont choisi de donner à cette Eglise le nom de la Sainte- Trinité», a déclaré l’archevêque Kliment, président adjoint des affaires extérieures au sein de l’Eglise orthodoxe russe, dans une interview accordée à un journal de langue anglaise, le «Vladivostok News», qui parait dans la plus grande ville de l’Extrême-Orient russe. «Elle symbolise l’unité, et le peuple coréen en a besoin parce qu’il est actuellement divisé».
La déclaration de l’archevêque intervient après son arrivée, dans la capitale coréenne, à la tête d’une délégation orthodoxe en provenance de Moscou. L’église de 300 mètres carrés s’est construite avec la «bénédiction» du leader nord-coréen Kim Jong- Il avait donné son accord lors d’un voyage effectué en Sibérie l’été dernier.
Fonds coréens
Cette église a été réalisée à l’aide de fonds coréens et avec l’assistance technique de la Russie.
L’archevêque orthodoxe a ajouté que l’église est conçue sur le modèle de la Basilique Saint-Innocent de Khabarovsk, la deuxième ville par importance dans l’Extrême-Orient russe, où Kim Jong Il s’était entretenu pendant une heure avec le responsable orthodoxe du lieu. Quatre prêtres nord-coréens, a- t-il ajouté, sont en cours de formation à l’Académie de l’Eglise russe à Zagorsk pour assurer la gestion de l’Eglise en Corée du Nord.
Sur le plan religieux, la Corée du Nord compte, selon les estimations, quelque 15’000 chrétiens, dont certains ont été contactés ces dernières années par des délégations d’Eglises venues en visite des Etats-Unis, du Vatican et de la Corée du Sud. De nombreux groupes religieux sont financés par le gouvernement.
Des services religieux chrétiens ont déjà lieu régulièrement à Pyongyang dans une église catholique romaine et deux temples protestants, dont l’un porte le nom de la mère de l’ancien dirigeant communiste Kim Il-Sung. Celle- ci était diacre dans l’Eglise presbytérienne.
L’église de la Sainte-Trinité est la première église orthodoxe à Pyongyang, qui compte 2,3 millions d’habitants, et marquera la première présence de l’Eglise russe au nord de la Corée depuis la fermeture, après la deuxième guerre mondiale, d’une mission originaire de l’éparchie (province de l’Eglise orthodoxe) de Vladivostok au début du siècle dernier.
Le message du patriarche
Dans un message, le patriarche Alexis II de l’Eglise orthodoxe russe a déclaré que la nouvelle église en Corée du Nord représenterait un pas vers «l’unification spirituelle» entre la Russie et la Corée du Nord et qu’elle aiderait à «renforcer les principes de bon voisinage et de respect mutuel». (apic/eni/pr)




