Malgré la mise en garde de l’archevêque de Cantorbéry
Etats-Unis: Nomination confirmée du premier évêque gay de la Communion anglicane
Minneapolis, 4 août 2003 (Apic) L’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis a confirmé le 3 août à Minneapolis la nomination du premier évêque ouvertement homosexuel de la Communion anglicane. Les évêques épiscopaliens doivent entériner le 4 août cette décision, prise à la majorité des deux tiers par la chambre des clercs et des laïcs. Le cas échéant, les prélats passeront outre la mise en garde de l’archevêque de Cantorbéry, primat de la Communion anglicane, les appelant à préserver avant tout l’unité de l’anglicanisme.
Plusieurs prélats conservateurs ont en effet annoncé la rupture de leurs liens avec les épiscopaliens américains si ceux-ci venaient à confirmer la nomination de Gene Robinson, 56 ans, comme évêque coadjuteur du diocèse du New Hampshire.
Le chanoine Robinson, qui a publiquement reconnu son homosexualité au début des années nonante, a divorcé il y a 13 ans de sa femme pour se mettre en ménage avec son compagnon. Une de ses deux filles, Ella, âgée de 21 ans, a déclaré qu’elle et sa mère soutenaient l’élection du chanoine Robinson et souligné que son père «est un homme bon et un bon père».
La confirmation de son élection a reçu 63 oui, 32 non et 13 abstentions des députés laïcs et 65 oui, 31 non et 12 abstentions des députés clercs. Le vote de la chambre des évêques est attendu pour l’après midi du 4 août. Les épiscopaliens tiennent leur Convention générale annuelle du 31 juillet au 8 août à laquelle participent 835 députés représentant 108 diocèses
Opposition conservatrice
La semaine passée à Truro, dans la région de Washington, plusieurs évêques conservateurs ont tenu une assemblée extraordinaire. Peter Ankinola, primat du Nigeria (la plus grande province de l’anglicanisme), l’archevêque de Sydney, une quinzaine de prélats américains et quelques évêques d’Inde, du Rwanda, d’Afrique Centrale et d’Asie du Sud Est ont participé à cette rencontre.
Les prélats ont menacé de provoquer un schisme si la nomination de Gene Robinson est confirmée. Ils ont réitéré leur menace si les épiscopaliens acceptent d’adapter la liturgie du mariage aux couples de même sexe. Ce projet de modification liturgique doit également passer devant la chambre des évêques.
Mise en garde de Rowan Williams
L’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, a écrit la semaine passée aux évêques épiscopaliens une lettre privée dans laquelle il les appelle à préserver avant tout l’union de la communion anglicane. Le primat anglican, qui se déclare favorable à l’intégration ecclésiale des homosexuels, souligne dans son courrier les risques liés à «certaines décisions qui pourraient avoir comme effet de creuser la division entre les provinces».
Il y a un mois, un autre chanoine gay, Jeffrey John, avait refusé sa nomination à la tête du diocèse anglais de Reading suite à un long entretien avec l’archevêque de Cantorbéry. Le chanoine John avait expliqué que sa décision était motivée par la préservation de l’unité l’Eglise.
Dans une interview à la chaîne américaine d’information CNN, Gene Robinson a déclaré le 2 août que les «risques de schisme sont exagérés». Il compare son élection à l’arrivée des femmes dans le clergé anglican au début des années nonante. A l’époque un schisme avait également été annoncé avec grands fracas et en fin de compte «nous n’avons perdu que peu de monde», souligne le chanoine gay.
Présente dans 38 Etats américains, l’Eglise épiscopalienne, forte de 2,1 millions de membres, est devenue de plus en plus tolérante ces dernières années envers la communauté homosexuelle, en opposition sur cette question à la grande majorité des autres églises anglicanes. SH
Encadré
Liturgie pour le mariage d’homosexuels
Le comité en charge de la liturgie a proposé le 3 août lors de la Convention générale de l’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis une résolution sur le rite de mariage des couples homosexuels. Conçue dans un esprit de compromis, le projet, qui doit être approuvé par la chambre des évêques, prévoit la possibilité d’adaptations locales. Le document affirme la «pleine égalité» des homosexuels et souligne que leurs unions monogames doivent être caractérisées par «la fidélité, l’affection et le respect mutuel, l’attention à l’autre, une communication honnête et un amour saint qui soit en mesure d’amener les partenaires à se voir l’un l’autre à l’image de Dieu». (apic/episcopalnews/cnn/ag/sh)




