Conseil général de l’UCC: décision cette semaine

Canada: L’Eglise unie du Canada devrait appuyer les mariages homosexuels

Wolfville, 11 août 2003 (Apic) Contrairement à l’Eglise catholique romaine, qui se bat énergiquement contre l’assimilation de l’union de conjoints de même sexe à un mariage, l’Eglise unie du Canada (UCC) devrait appuyer cette semaine les mariages homosexuels. L’UCC – la plus importante dénomination protestante du pays – est favorable aux revendications des gays depuis deux décennies.

Les quelque 400 délégués du Conseil général de l’UCC sont réunis du 10 au 16 août à l’Université Acadia, à Wolfville, en Nouvelle-Écosse. Les grandes orientations de l’Eglise unie du Canada y sont décidées pour les trois prochaines années. L’Eglise unie compte au Canada 25 congrégations qui ont publiquement affirmé que les gays et lesbiennes étaient bienvenus en leurs rangs, explique la modératrice de l’UCC, Marion Pardy.

Les unions entre conjoints de même sexe font partie des discussions au sein de l’Eglise unie depuis près de 20 ans. En 1984, l’UCC se prononçait en faveur de telles unions puis se disait quatre ans plus tard prête à ordonner des prêtres gays et lesbiennes. Le Conseil général de l’UCC va certainement prendre une nouvelle fois une position pour faire avancer la reconnaissance civile des unions de partenaires du même sexe.

La modératrice de l’UCC, Marion Pardy, a relevé que certaines églises locales avaient déjà déclaré vouloir marier des couples homosexuels. Elle a révélé aux médias avoir téléphoné au Premier ministre canadien Jean Chrétien pour le féliciter de sa position «responsable et courageuse» concernant la légalisation des mariages de partenaires du même sexe. JB

Encadré

Moins d’enthousiasme pour les mariages homosexuels

Après une vague d’euphorie, il semble que l’opinion publique canadienne soit moins enthousiaste face aux mariages homosexuels. L’appui à leur légalisation semble diminuer, selon un récent sondage Ipsos-Reid-Globe and Mail-CTV, réalisé la semaine dernière. Les Canadiens sont maintenant divisés à parts égales sur l’opportunité de permettre les mariages de conjoints de même sexe: 49% appuient l’initiative fédérale, alors que 49% s’y opposent.

Un sondage en juin dernier portant sur la même question donnait 54% d’appuis au projet de loi fédéral. Au total, 38% des personnes interrogées ont indiqué que le mot «mariage» doit s’appliquer à deux personnes, quel que soit leur sexe; 37% estiment que le mariage ne doit s’appliquer que dans le cas de l’union d’un homme et d’une femme; enfin, 24% estiment que le mot mariage doit faire uniquement référence à un homme et une femme, et qu’un autre terme légal doit être utilisé dans le cas de l’union de personnes de même sexe.

Si l’opinion publique évolue, le gouvernement fédéral canadien à Ottawa pourrait lui aussi changer son fusil d’épaule: le gouvernement fédéral songerait ainsi à modifier le texte de son renvoi à la Cour suprême du Canada concernant les mariages homosexuels. Ottawa voudrait demander au plus haut tribunal du Canada si une forme d’union civile pour les conjoints de même sexe – qui ne serait pas un mariage – violerait la Charte des droits et des libertés. (apic/ucc/com/be)

11 août 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!