Fribourg: «Fribourg-Solidaire» veut inscrire l’aide au développement dans la Constitution
Aider le Sud est profitable au Nord
Fribourg, 19 août 2003 (Apic) La fédération «Fribourg-Solidaire», qui regroupe les principales organisations d’entraide présentes à Fribourg, demande que chaque année le Canton de Fribourg verse un pourcentage flexible de son budget pour l’aide au développement. Elle souhaite en outre que cet engagement soit inscrit dans la nouvelle Constitution cantonale, actuellement élaborée par la constituante. Pour les instigateurs de la démarche, le Nord en général et la Suisse en particulier ont tout à y gagner en aidant le Sud.
Esther B. Oester, présidente de «Fribourg-Solidaire» et directrice de l’ONG «Brücke-Le pont» demande que la phrase suivante soit inscrite à l’article 78 la Constitution fribourgeoise: «Chaque année le canton s’engage à verser un pourcentage du budget de fonctionnement à la solidarité internationale». Cette demande est cautionnée par tous les membres de «Fribourg-Solidaire», à savoir: «Brucke-Le pont», «E-CHANGER», Mission Bethléem Immensee», Peace Brigades International», et la section fribourgeoise de «Terre des hommes».
Lors d’une conférence de presse donnée le 19 août à Fribourg, les représentants de ces organisations ont tour à tour avancé les arguments qui ont motivé leur initiative. Esther B. Oester a rappelé que la Suisse pensait parvenir pour 2010 a consacré 0,4% de son PNB pour l’aide au développement. Aujourd’hui, l’échéance est déjà repoussée et l’on parle plus volontiers de mesures d’économie que de solidarité internationale sous la coupole fédérale. On n’est bien loin des 0,7% de PNB prôné par la Conférence de Rio.
C’est pourtant le pourcentage pratiqué par le canton de Genève, souligne Patrick Durisch, représentant de «Terre des hommes». Or, Genève est dotée d’une fédération similaire à «Fribourg-Solidaire» depuis les années 60. La fédération fribourgeoise n’a, quant à elle, vu le jour qu’en avril 2003 et Fribourg occupe l’avant dernière place au classement de l’aide au développement prodiguée par les cantons suisses.
Pour le conseiller national Hugo Fasel, la solidarité est une question de cohérence. «Etant donné que Fribourg bénéficie de la péréquation fiscale au niveau de la Confédération, il est logique qu’elle applique ce qui lui profite au niveau international», estime-t-il.
Aider le Sud développe le Nord
L’aide au développement est «d’utilité publique», selon Béatrice Berset, présidente de «Peace Brigades International» (PBI). «L’action dans la non violence», prônée par son organisation, a des «retombées positives» non seulement sur le terrain où elle est pratiquée, mais également auprès des personnes volontaires, souligne-t-elle.
De retour au pays, ils sont en mesure de partager «l’expérience de conscientisation dans leur vécu», précise la présidente de PBI. Elle constate avec satisfaction que les volontaires deviennent par la suite des membres particulièrement actifs de la société civile suisse. Ils favorisent ainsi une plus grande «sensibilisation de notre société aux valeurs de la paix et de la solidarité», remarque-t-elle.
Une opinion que partage pleinement Bernard Fragnière, président d’»E- CHANGER». Il n’hésite d’ailleurs pas à parler de «retour sur investissement» quand il s’agit de justifier l’aide apportée au Sud. Bien entendu, ce «retour n’est pas financier, mais culturel, social et humain», précise-t-il. Prenant l’exemple de la ville brésilienne de Porto Alegre, il souligne le développement avancé de la démocratie participative qui y est pratiquée. Un modèle efficace «pour lutter contre l’abstentionnisme» qui stérilise les démocraties occidentales, estime-t-il.
«Fribourg-Solidaire» est d’ailleurs l’organisatrice d’un Forum social qui se déroulera à Fribourg du 19 au 20 septembre, basé sur le modèle du Forum social mondial de Porto Alegre. «Toute proportion gardée», précise le président d»E-CHANGER», qui indique qu’environ un millier de personnes sont attendues. (apic/sh)




