Application d’une justice parallèle méprisante
Etats-Unis : AI dénonce les violations massives des droits de l’homme par les Etats-Unis
Londres/Lausanne, 19 août 2003 (Apic) Dans leur «guerre contre le terrorisme», les Etats-Unis méprisent systématiquement les normes du droit international. Basé sur des interviews d’ex-prisonniers de Guantanamo et de Bagram, un rapport d’Amnesty International (AI) publié mardi 19 août fait état de violations massives des droits humains de la part des Etats-Unis.
Au cours de la «guerre contre le terrorisme», les Etats-Unis ont établi un système de justice parallèle. Les dispositions légales prises par les Etats- Unis pour lutter contre le terrorisme donnent à l’exécutif tout pouvoir de détenir, interroger, inculper ou juger des suspects en vertu des «lois de la guerre». Dans son nouveau rapport AI décrit, rendu possible grâce aux témoignages d’ex-prisonniers, les conditions de détention et d’interrogatoire en vigueur à Guantanamo (Cuba), sur la base aérienne de Bagram (Afghanistan) et en Irak.
Sur la base d’un décret du président des Etats-Unis daté du 13 novembre 2001, les «combattants ennemis» peuvent être détenus indéfiniment sans accusation ni procédure judiciaire. Ils peuvent être condamnés au terme de procédures militaires qui violent tous les principes caractérisant un jugement équitable. Cette conception du droit, qui prive les «combattants ennemis» du respect de droits humains fondamentaux, constitue une violation grave des normes internationales.
Pour AI, la Communauté internationale doit éviter de suivre ce terrible exemple et prendre les dispositions permettant que les droits humains soient respectés en toutes circonstances.
Observateurs internationaux
Parmi les mauvais traitements rapportés à Amnesty International figurent la privation de sommeil, un temps d’exercice physique insuffisant, l’obligation prolongée de prendre des positions douloureuses, parfois combiné avec l’exposition à une musique très forte et à la lumière électrique vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les conditions dans lesquelles les détenus sont interrogés peuvent être assimilées à une forme de torture.
AI exige des autorités américaines la levée de ce régime et la cessation des jugements devant des cours martiales. Pour l’organisation de défense des droits de l’homme, des observateurs internationaux doivent pouvoir visiter tous les camps de prisonniers. « Les prisonniers détenus sans accusation doivent être libérés et dédommagés ». (apic/com/pr)




